Marche nocturne, antifasciste et solidaire des assos et collectifs de l'EXISTRANSINTER

Épisode de Accords aux corps - Autour de pratiques somatiques par Radio Cause Commune · 19 octobre 2026 · 1 h 00 min

« Le féminisme, sans les personnes trans, sans les personnes intersexes, sans les putes, sans les personnes racisées, sans les migrant.es, c'est du développement personnel ! » Camille (Insurrection-Trans)

Pour que chacun.e puisse être lui-même sans peur et sans haine

Jade (amie proche d'Awen – @justice.pour.awen01)

Belle écoute des prises de paroles de cette marche festive de nuit !

L’ExisTransInter est un espace d'auto-organisation des luttes Trans et Intersexes.

@interlopes_pb

@association.outrans

@collectifinsurrectiontrans

@collectif.transgressif.metz

@associationtransat

@front_transfem

@acceptesst

L’ExisTransInter soutient le combat de Jade et des proches d’Awen pour la justice. Awen s 'est suicidé à 16 ans, victime de harcèlement transphobe dans son lycée. Une enquête va être ouverte avec le soutien et l’accompagnement juridique d’Acceptess-T, association membre du collectif.

à l'oreille

ELOI – rugir/moteur

Raices Arrechas (Batucada Afro Abya Yala militante, anti-raciste, dé-coloniale et anti-capitaliste)

The Hanging Tree

Pour aller plus loin

La convergence des luttes doit reposer sur l'auto-détermination. Des assos et collectifs qui parviennent à se mettre d'accord sur un grand nombre de revendications politiques et de choses à défendre en priorités, et qui luttent ensemble, unis sur ce qui fait sens commun pour et avec chacun.e, c'est exemplaire, désirable, inspirant !

Voila pourquoi je recommande de lire ici le texte intégral ci-dessous, communiqué pour cette 29e manifestation annuelle et partage aussi le lien vers la charte de l'ETI des assos et collectifs signataires.

Vendredi 16 octobre à 19h à gare de l’Est, l’ExisTransInter réunira les personnes intersexes, les personnes trans, et leurs allié·es. Notre histoire commune est faite d’entraide et de transmission, de lutte et de résistance, de victoires arrachées. En 2016, nous réclamions déjà le changement d’état civil libre et gratuit, le libre choix des parcours médicaux, l’arrêt des mutilations des enfants intersexes, la reconnaissance de droit pour les personnes migrantes et les travailleur·euses du sexe (TDS). Dix ans plus tard, et en l’absence affligeante d’avancées majeures sur ces sujets, notre détermination reste intacte et sans concession. Nous ne voulons plus d’une société où l’accès au droit, au soin, au logement, dépendent de notre conformité aux normes cis et dyadiques –- pas plus que de notre classe sociale, de notre pratique du TDS, de nos origines, de notre validité ou de nos titres de séjour.

Dans un contexte politique particulièrement menaçant, nous refusons plus que jamais la réduction de nos vies à des controverses médiatiques, à des paniques morales, à des cases administratives. Nous refusons d’être les boucs émissaires de cel·leux qui alimentent la peur et la haine des minorités. Nos luttes sont antifascistes, anti-impérialistes, anti-coloniales. Elle sont, en cela, indissociables de celles des peuples palestinien, congolais, soudanais et iranien.

Enfant·es ou adultes, nos corps nous appartiennent

Nos luttes sont indissociables des luttes féministes et enfantistes. En ce sens, nous défendons l’autonomie corporelle de tous·tes les enfant·es, dont les droits fondamentaux ne commencent pas à la majorité. De la naissance à l’adolescence, les jeunes sont des personnes, et doivent être écouté·es avant tout.

Tout en prétendant protéger les enfants, les mouvements réactionnaires internationaux continuent les mutilations des enfant·es intersexes, dont le corps doit être “normalisé”. L’extrême-droite et ses lobbies alimentent ainsi un continuum de violences (familiales, sociales, physiques, sexuelles) qui doit absolument cesser. Ils privent les enfant·es trans de soin, violentent les enfants racisé·es, invisibilisent cel·leux qui, en ce moment même, meurent sous des génocides.

Peu importent les rapports, les promesses et les demi-mesures partisanes : les mutilations des enfants inters doivent cesser, et leurs droits doivent être protégés avant 2027. Nous soutenons, en cela, les propositions de loi n° 1914 et n° 2286. Un rassemblement pour le droit des personnes inters aura lieu le 7 novembre à 15h, place Stravinsky.

La Haute Autorité de Santé (HAS) a entamé, en 2026, l’élaboration de recommandations spécifiques sur l’accompagnement des mineur·es trans, dont la publication est prévue pour 2027. Nous condamnons fermement l’exclusion des associations d’auto-support, aux côtés des mineur·es trans et inters depuis des années, de ce processus. Nos savoirs expérientiels doivent être au centre de ces travaux, et le lobbying réactionnaire n’a rien à faire dans un travail scientifique.

Les personnes transinters existent !

Les personnes intersexes représentent environ 13 000 naissances par an. Leurs corps sont en dehors de la binarité des sexes, mais on les assigne malgré tout à un sexe et à un genre à la naissance. Un récent rapport européen montre que 63% des personnes inters se déclarent sur le spectre trans/non-binaire, donc en dehors du genre qui leur a été assigné à la naissance. La panique morale exercée par les réactionnaires à l’encontre des mouvements trans, qui “mutileraient des enfant·es” est hypocrite : ce sont el·leux qui mutilent les enfant·es inters. Les enfant·es transinters subissent ainsi une double transition forcée, dans leur chair et dans leur genre. Le rapport indique aussi que 44% des personnes inters estiment avoir subi une thérapie de conversion en France. Ainsi, pour nombre d’entre nous, le parcours de transition, choisi à l’âge adulte, représente une forme de réparation de nos corps.

Le sexe, tout autant que le genre, est une construction sociale qui, factuellement, n’a rien de binaire. Un des piliers de la transphobie est la haine envers les personnes sortant de la binarité des sexes, d’où l’animosité féroce des réactionnaires, à international, envers la non-binarité. Nous revendiquons une autonomie, décorrélée du genre, de chacun·e sur son propre corps. Le genre ne doit pas conditionner l’accès à une transition médicale. Transition de sexe et transition de genre peuvent aller de pair, ou non. Tout comme on peut être trans sans modifier son corps, on peut être cis et modifier son corps, être trans et modifier son corps. Dans ces trois cas, le besoin de soin doit être pris en compte, et ce, hors des carcans binaires. Cette décorrélation doit être approfondie, afin que les genres ne soient plus assignés à des corps, notamment à ceux des nouveau-nés intersexes.

Notre identité n’a pas à être jugée

Le changement de mention de sexe à l’état civil est démédicalisé depuis 2016, mais toujours pas déjudiciarisé. Cette procédure demeure empreinte de contrôle et de discrimination. Depuis 2026, il nous faut payer 50 euros, en plus de la saisie d’un tribunal et de la présentation d’une “réunion suffisante de faits” permettant à la·e juge d’apprécier notre identité.

Nous exigeons la suppression de l’obligation de mention de sexe à l’état civil, servant de prétexte à la mutilation précoce des enfants inters, dont les corps doivent refléter la binarité administrative. Nous revendiquons une reconnaissance légale des personnes non-binaire et, plus généralement, un changement d’état civil libre, gratuit et déjudiciarisé, accessible aux enfants comme aux adultes et adapté aux personnes étrangères.

Nous condamnons fermement la loi Rodwell, dans ses motifs xénophobes, et dans son dispositif qui, depuis juillet 2026, impose aux personnes de plus de 13 ans de fournir leur bulletin n° 3 de casier judiciaire, ainsi qu’un document relatif à leur éventuelle inscription dans certains fichiers judiciaires, s’iels souhaitent changer de prénom. Cette loi prévoit aussi des dispositions spécifiques pour les actes de naissance étrangers. Nous refusons cette suspicion généralisée. Changer de prénom n’est ni criminel, ni menaçant pour l’ordre public. Nous refusons que nos identités servent de prétexte à des dynamiques de fichage et de contrôle des personnes.

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À propos du podcast

Autour de pratiques somatiques Accords aux corps reçoit des invités au fil, autour et alentour des pratiques somatiques, au sujet du corps, des corps et… de la douceur ! D'accord ?…

Accords aux corps - Autour de pratiques somatiques

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