La production européenne de pommes de terre perd 7 millions de tonnes
Épisode de Chronique des matières premières par RFI · 17 septembre 2026 · 2 min
Les agriculteurs français de pomme de terre avaient déjà tiré la sonnette d'alarme au mois d'août, les estimations provisoires confirment que la baisse de la production touche l'essentiel de la récolte européenne. Un constat qui est le résultat de la diminution des surfaces cultivées et d'une baisse des rendements liée au manque d'eau.
Pour comprendre ce qui se joue cette année, il faut remonter à 2025, année excédentaire, ayant entraîné une chute des prix. Les agriculteurs ont donc décidé de cultiver moins en 2026 : les surfaces ont baissé de plus de 13,7 % – soit une baisse de 82 700 ha, selon le réseau européen North-Western European Potato Growers (NEPG).
Les agriculteurs n'avaient pas anticipé qu'ils perdraient une partie de leur production. Les canicules répétées ont desséché les champs et fait chuter les rendements. En France, ils ont ainsi baissé en moyenne de plus de 8 tonnes par ha par rapport à 2025, selon des prélèvements effectués par l'Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), et le Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT).
En un an, la filière est passée d'un extrême à l'autre, d'une année européenne exceptionnelle, avec plus de 27 millions de tonnes de pommes de terre – en Allemagne, en France, en Belgique et aux Pays-Bas essentiellement, les quatre principaux producteurs – à une récolte qui devrait à peine dépasser 20 millions de tonnes, une des plus faibles de ces dernières années.
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Hausse des prix sur une partie des volumes seulement
La baisse de la production ne pourra pas être compensée par les prix, même s'ils ont effectivement beaucoup augmenté en quelques mois. Car la hausse s'applique sur ce qu'on appelle le marché libre, qui concerne seulement une petite partie de la récolte. Dans le secteur de la frite par exemple, seulement 10 à 15 % des volumes sont commercialisés par ce biais.
Le reste se négocie via des contrats annuels. C'est-à-dire que les pommes de terre récoltées aujourd'hui et pré-vendues l'ont été à des prix fixés grosso modo en janvier. L'année s'annonce donc très compliquée pour les producteurs français, belges, allemands et hollandais, qui ne vont pas totalement profiter de la hausse des prix, certains risquent de ne même pas avoir assez de volumes pour honorer leurs contrats.
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S'adapter à la réalité de la production
Les acheteurs devront s'adapter cette année à la réalité de la production. Cette saison, les volumes seront plus faibles et les tubercules plus petits et moins longs. Les industriels qui ont des cahiers des charges très précis devront donc faire preuve de flexibilité pour composer avec ces nouveaux calibres, s'ils veulent continuer à faire tourner leurs usines.
Les frites de 2027 seront certainement plus petites, et peut-être un peu plus chères, mais si augmentation il y a, elle ne devrait être que de quelques centimes par kilo, confie un acteur de la filière.
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À propos du podcast
Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.
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