🔊 “Lionel Sabatté” Ce qui reste au musée de la Chasse et de la Nature, Paris du 15 octobre 2026 au 21 février 2027

Épisode de FranceFineArt par FranceFineArt · 16 octobre 2026 · 18 min

“Lionel Sabatté” Ce qui reste

au musée de la Chasse et de la Nature, Paris

du 15 octobre 2026 au 21 février 2027

Entretien avec Amélie Adamo,

auteure, historienne d’art, et commissaire de l’exposition,

par Anne-Frédérique Fer, à Paris, le 12 octobre 2026, durée 18’13,

© FranceFineArt.

https://francefineart.com/2026/10/15/3742_lionel-sabatte_musee-de-la-chasse-et-de-la-nature/

Communiqué de presse

Commissaire de l’exposition

Amélie Adamo, auteure, historienne d’art et commissaire indépendante

Le Musée de la Chasse et de la Nature – Fondation François Sommer, accueille Ce qui reste, une exposition monographique de Lionel Sabatté. Réunissant peintures, dessins, sculptures et tapisseries, dont une majorité d’oeuvres inédites, l’exposition déploie l’univers de l’artiste dans les deux hôtels particuliers qui abritent l’institution, ainsi que dans sa cour. Elle prolonge un dialogue engagé avec le musée depuis 2017, avec La Sélection de parentèle, déjà présentée en extérieur, et l’entrée dans ses collections de trois hirondelles de poussière.

Le parcours présente un ensemble d’oeuvres récentes autour de la figure animale, motif central dans la pratique de Lionel Sabatté. L’exposition, dans la continuité de la relation au long cours entre l’artiste et le musée, s’inscrit ainsi pleinement en résonance, parfois même en tension, avec le parcours muséographique, les deux partageant ce regard sur les liens entre humain et vivant.

Lionel Sabatté revisite les figures emblématiques du musée, celles du cerf, du sanglier, du loup, du chien ou bien encore de l’ours, en s’éloignant de toute tentation naturaliste au profit de formes ambivalentes, entre construction et ruine, entre puissance et fragilité. Ces figures portent en elles leur propre instabilité, elles glissent vers le paysage, vers l’informe, vers ce qui échappe à la nomination.

Cette logique de renversement s’étend à la matière même des oeuvres. Lionel Sabatté convoque des matériaux au statut trouble, situés aux marges du vivant et du déchet : poussière, oxydation, laine, bois, ciment, mais aussi ongles et peaux mortes ; ce que le corps abandonne, ce que le temps dégrade, ce que la civilisation rejette. Ces médiums introduisent dans l’oeuvre une temporalité de la décomposition et de la métamorphose, brouillant les frontières entre les règnes animal, végétal et humain. Les oeuvres se révèlent comme des états instables, traversés par les mêmes processus d’altération et de passage qui définissent l’existence elle-même.

Cette tension renvoie à l’essence même du cycle du vivant : entrelacement de vie et de mort, de présence et d’altération, que met en jeu le principe d’oxydation cher à l’artiste.

De poussière et de ciment, de rouille et de terre, de peaux de laine délitées, fragiles mais tenaces, les nouvelles créations de Lionel Sabatté font de la matière elle-même le lieu d’une résistance, celle du vivant face à sa propre disparition. Elles interrogent, aux yeux de l’artiste, « la perte comme une nécessité du vivant ».

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