Hannah Arendt • « Du désert et des oasis » • Contre la psychologie moderne

Épisode de Illuminations par Atelier Oncléo · 23 août 2022 · 8 min

Mais que diraient les « Pères du désert » ? Peut-être avaient-ils appris à dévorer le sable d'une manière que nous avons perdue. Peut-être qu’en eux la question d'Arendt, si grecque, avait pris les accents du dépit authentique qui justifia le courage de la fuite : — mais pourquoi diable y a-t-il quelqu’un plutôt que personne !

Note de bas de page de l’édition française, traduite par Sylvie Courtine : « A l’époque où elle projetait son Introduction à la politique, et où elle consignait par écrit les fragments que nous publions ici pour la première fois, Hannah Arendt dissimulait son pathos pour la politique, autrement dit son souci pour le monde et pour la survie des hommes dans ce monde (voir la première édition de cet ouvrage, op. cit., Commentaire, p. 155), en empruntant le plus souvent des métaphores. Elle parlait et écrivait du « désert » et des « oasis ». Ce couple métaphorique se présente de façon sporadique tant dans son oeuvre publiée que dans son oeuvre inédite et également dans ses notes pour Introduction à la politique. « Du désert et des oasis », note-telle en guise de formule (voir la première édition de cet ouvrage, op. cit., Appendice, p. 200, et également p. 198) sans toutefois fournir de plus amples détails, tandis que les termes de « désert » et/ou d’« oasis » apparaissent ici ou là dans les manuscrits (cf. p. 80, 121 sq., 124). A un autre endroit du Fonds, on trouve toutefois un manuscrit de trois pages – la « conclusion » du cours qu’elle avait prononcé au début de l’année 1955 à l’université de Berkeley en Californie – qui y est entièrement consacré. On aurait très bien pu aussi la trouver à la fin d’Introduction à la politique comme le montrent les textes qui restent, et c’est pourquoi nous la reproduisons ici. La traduction suit d’aussi près que possible l’original ; nous n’avons pas masqué les imprécisions dues au fait que ces pages étaient destinées à la leçon et non à la publication. »

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Atelier de lectures et créations radiophoniques « Au pays des voix, il existe aussi une Forêt Noire, et aussi des villages et aussi des fleuves, et aussi des nuages, exactement comme sur la terre. Sauf que sur la terre on ne peut pas les voir, juste les entendre. Et ainsi on ne voit pas non plus…

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