Iran : le piège s'est refermé sur Trump | Pierre Haski répond

Épisode de Le Monde de Pierre Haski par Pierre Haski · 5 septembre 2026 · 44 min

« J'ai écrasé l'Iran. » Trump l'a dit cette semaine à un journaliste, avant de le bombarder encore. Un président ne bombarde pas un pays qu'il a écrasé. En six jours : frappes américaines sur Larak, Bandar Abbas, Qeshm. Missiles iraniens sur la Jordanie, le Koweït, Bahreïn. Deux supertankers touchés dans un détroit que Washington prétend contrôler. Le baril repasse les 95 dollars. Et à Bichkek, Xi Jinping et Poutine reçoivent le président iranien avec les honneurs, pendant que le communiqué final présente ses condoléances pour la mort de Khamenei, tué par les Américains au premier jour de la guerre. Pierre Haski reprend le fil depuis Versailles, où Trump a signé en juin un mémorandum avec l'Iran. Il donnait tout : des dizaines de milliards d'avoirs iraniens débloqués, contre la réouverture d'un détroit qui était ouvert avant la guerre. Il fixait deux mois pour négocier le nucléaire. Les deux mois sont passés. Personne ne l'a remarqué. Rien n'a été appliqué. Puis Trump a promis d'étrangler l'Iran économiquement. La Chine a dit non. Xi Jinping est attendu à Washington dans trois semaines. Alors pourquoi ça recommence ? Parce que Trump ne peut pas sortir sans quelque chose qui ressemble à une victoire, et qu'on ne change pas un régime par la voie aérienne. Les mid-terms sont dans deux mois. Le prix du gallon monte. Un historien américain rencontré cet été parle de la pire décision de politique étrangère depuis 1945, plus grave que le Vietnam. Pierre Haski explique pourquoi ce n'est pas seulement une guerre ratée, mais le signe d'un déclin. Dans la seconde partie : Xi Jinping, l'homme raisonnable du monde, qui engrange sans effort ce que Trump abandonne, de Bichkek au Caire. Poutine, qui prépare aux Ukrainiens le pire hiver de la guerre, refuse de négocier « avec des terroristes » et menace les Européens, alors que son ministre des Finances s'assoit à la table du G20 sur invitation américaine. L'Allemagne, qui accuse pour la première fois Moscou d'une attaque au drone sur son sol, trois jours avant un vote où l'AfD dépasse 40 % en Saxe-Anhalt. Et une question que plus personne ne peut esquiver : à quoi sert la dissuasion nucléaire face à une guerre qui ne dit pas son nom ? Avec, en prime, l'histoire d'un Airbus français dégivré au réacteur de MiG sur le tarmac de Bichkek, en 1992.

Enregistré le 3 septembre 2026, en terrasse, dans le bruit d'une fin de journée. Vous l'entendrez. C'était voulu.

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À propos du podcast

Pierre Haski observe le monde au plus près de ses lignes de fracture. De la chute du mur de Berlin aux guerres du Proche-Orient, de la Russie à la Chine, des États-Unis à l’Europe, il a couvert les grands basculements géopolitiques de notre époque. Chaque semaine, dans « Pierre Haski répond », il…

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