6. Victor : l'ukrainien, la langue de la résistance

Épisode de Ma vie, ma langue par RFI · 18 septembre 2026 · 27 min

L’ukrainien était pour Victor la langue maternelle de son grand-père. Une langue qu’il ne maîtrisait pas malgré le souvenir de quelques mots bien ancrés dans sa mémoire. Mais l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022 va tout changer. Sidéré, impuissant, Victor décide d’apprendre la langue de ses ancêtres à l’Inalco. Il s’engage à la parler couramment avant la fin de la guerre. L'ukrainien devient alors son outil de transmission, de résistance, et son arme culturelle contre la désinformation. Mais c’est aussi par les livres et le chant que Victor s’efforce de transmettre cette culture qui le fascine tant, loin du prisme de la guerre.

Le grand-père de Victor parlait « un français à couper au couteau », mais l'enfant qu'il était ne l'avait jamais remarqué. Puis un jour sa mère lui explique : « Papy, il est étranger ». Ce grand-père, arraché à l'Ukraine par les nazis comme près de deux millions de ses compatriotes, avait été envoyé construire des bunkers sur la côte normande, pendant la Seconde Guerre Mondiale, avant de se cacher juste à temps pour échapper au Débarquement.

Victor ne parlait pas la langue, mais gardait quelques souvenirs d’enfance se limitant aux mots du quotidien. Tout bascule le 24 février 2022. Ce matin-là, en apprenant que les Russes bombardent les villes ukrainiennes et qu'on annonce la chute de Kiev dans trois jours, Victor imagine le bruit des missiles. C’est la sidération. Il ressent « une sorte de colère et d'impuissance », résume-t-il.

Apprendre la langue pour faire vivre l'Ukraine

Victor décide alors d’apprendre la langue pour mieux comprendre, accompagner, et soutenir les Ukrainiens. La maîtrise de cette langue devient alors une arme. Une arme contre les injustices que connaît le pays de ses ancêtres. Victor traduit cet engagement en ligne. Il s’implique dans des groupes et mouvements militants qui tournent en dérision la propagande russe et organisent des collectes de fonds soutenant des causes humanitaires ou permettant d'accompagner le développement logistique ukrainien.

Si l’apprentissage de la langue permet à Victor de communiquer, de connaître et diffuser la culture de ses ancêtres, elle l’apaise également. Car cette langue, il la chante, interprétant des chants traditionnels avec une amie de l’Inalco.

Car pour Victor, apprendre et transmettre l’ukrainien est crucial, “Par sa langue, le pays reste vivant” affirme-t-il.

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À propos du podcast

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