À la Une: peur sur l'IA

Épisode de Revue de presse des hebdomadaires français par RFI · 20 septembre 2026 · 5 min

C'est une petite musique que l'on entend depuis plusieurs années, celle des dangers de l'IA pour les sociétés. Mais elle s'est muée en cri d'alarme depuis quelques jours, après ce message pour le moins inquiétant, de Jacob Coxon, chercheur passé par Anthropic et OpenAI, qui annonçait sa démission, et dans le même temps que les entreprises du secteur jouaient « à la roulette russe avec nos vies ».

Le Point a décidé d'en faire son dossier de la semaine, et de revenir sur cette déflagration, notamment en se penchant sur les périls qui peuvent effectivement nous menacer avec l'IA. Parmi les hypothèses qu'il développe, celle tout d'abord qu' « une IA optimisera ses objectifs sans compassion ni morale humaine », selon un expert interrogé par le journal et elle pourrait même considérer que les limites à leurs progrès ce sont les humains eux-mêmes.

Le danger d'une attaque biologique

« Durant l'été, des chercheurs (...) ont annoncé avoir créé 16 virus inoffensifs grâce à l'IA », raconte le Point, ce qui laisse imaginer ce qui pourrait se passer le jour où elles en créeraient des dangereux. Et le risque d'une guerre nucléaire est une question prise au sérieux : le pouvoir de décider sans IA est au cœur des réflexions des armées, mais selon un expert français cité par l'hebdomadaire, « en réalité il n'y a que peu de scénarios dans lesquels une IA autonome aurait intérêt à (...) déclencher une apocalypse nucléaire. Nous voilà rassurés », conclut le Point non sans une pointe de sarcasme.

Le Nouvel Obs s'intéresse au choc des générations à la gauche de la politique française

Près d'un jeune sur deux peut voter pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, un choix qui bouscule les parents, et provoque des débats musclés au sein des familles. Le journal s'est intéressé aux raisons qui poussent la jeunesse à choisir LFI plutôt que les partis de ses ainés. La première, c'est un sentiment d'urgence. « Les jeunes estiment qu'ils n'ont plus le temps de discuter indéfiniment, de négocier. Les congrès, les motions (...), les réunions interminables qui accouchent de compromis parfois illisibles constituent presque un repoussoir. Le PS en offre, aux yeux de ces jeunes, la caricature parfaite », résume un politiste dans les pages du Nouvel Obs.

« Les générations se distinguent aussi par les combats qui les ont fait rentrer dans l'espace public. Pour celle qui arrive aujourd'hui à l'âge adulte, les matrices de politisations ne sont plus celles de ses ainés. Elles s'appellent antiracisme, Gaza, MeToo, droits LGBT ou urgence climatique. Autant de combats qui ont en commun d'appeler moins le compromis que la rupture et sur lesquels LFI a su occuper l'espace », analyse l'hebdomadaire.

Cette évolution permet aussi de comprendre pourquoi Raphaël Glucksmann par exemple, peine davantage auprès de la jeunesse. Pour le Nouvel Obs, il « paie son image de réformiste. Une vertu pour ses électeurs, un synonyme d'impuissance pour une partie de la jeunesse. Le raisonnement tient en une phrase : regardez où le compromis a conduit le monde. Donc, il faut rompre ». Et le journal de conclure par cet avertissement : « Avis aux familles de gauche : dans les prochains mois, les repas du dimanche risquent d'être animés ».

La population française est-elle donc plus divisée que jamais ? C'est la question que Le 1 a posé à deux chercheurs dans un long entretien, et selon leur avis, pas tant que cela. Ce qui a changé, « ce n'est pas tant la polarisation de l'opinion que la façon dont elle s'exprime (...) Nos divisions se manifestent davantage qu'auparavant à travers le registre de l'émotion », explique une sociologue, qui rappelle qu' « il est bien normal qu'une société démocratique soit divisée. Si tout le monde semblait d'accord, ce serait le signe que nous vivons dans une société totalitaire ». Et quant à ce conflit entre générations, « il n'empêche pas les gens de souhaiter vivre ensemble ».

La Croix Hebdo revient sur le combat contre la peine de mort d'une religieuse étasunienne

Le portrait de sœur Helen Prejean, une religieuse étasunienne qui a passé sa vie à combattre la peine de mort, et qui continue de le faire à plus de 80 ans. Elle est convaincue que ce châtiment, toujours en vigueur aux États-Unis, est voué à disparaitre, « cela prendra encore des années mais nous y arriverons », affirme-t-elle dans les pages de La Croix.

Pendant des décennies, elle a accompagné des condamnés jusqu'à leur exécution, et a même interpellé l'ancien pape Jean-Paul II sur le sujet. Elle raconte les racines de son combat, et ce qui la pousse à continuer. « Pour moi, explique-t-elle, exécuter quelqu'un, cela revient à légaliser la haine. La peine de mort c'est un assassinat sponsorisé par l'État ». Elle évoque aussi les paramètres discriminatoires de la justice étasunienne, que ce soit en terme de couleur de peau ou de classe sociale : « vous ne trouverez jamais une personne riche dans le couloir de la mort. Nous avons d'ailleurs un slogan célèbre outre-Atlantique : "Pas de peine capitale pour ceux qui ont du capital" Tout est dit ! ». Et s'il devait y avoir une chose à retenir, c'est le conseil que nous donne sœur Helen Prejean, quand le journal lui demande comment elle arrive à garder l'espoir dans ce monde parfois bien sombre : « Faites quelque chose de modeste on s'en fiche, mais faites ! C'est comme cela que, peu à peu, on transforme le monde. (...) L'espoir, c'est une pratique : il faut s'y entrainer ».

Autres épisodes de « Revue de presse des hebdomadaires français »

À propos du podcast

Les opinions, les points de vue et les avis souvent divergents des éditorialistes et des commentateurs sur l'actualité française et internationale dans les hebdomadaires français. Une revue de presse présentée chaque dimanche par Catherine Potet.

Revue de presse des hebdomadaires français

Épisodes similaires

Tous les épisodes de Revue de presse des hebdomadaires français · Plus de podcasts News Politics