La méthode Jones – strain counterstrain : Une approche neuro-musculaire fine, respectueuse et sécuritaire
Épisode de Viscéral : mon ventre, ma santé par Thierry BLAIN - Kiné Formations · 17 février 2026 · 5 min
La méthode Jones, également appelée strain counterstrain, a été développée par le Dr Lawrence Jones dans les années 1950.
Elle repose sur un principe simple et rigoureux : lorsque le muscle est placé dans une position de confort maximal, la réponse nociceptive diminue et le tonus excessif peut se normaliser.
Pour un kinésithérapeute, cette approche offre une lecture neurophysiologique cohérente, loin d’un modèle purement mécanique.
Une méthode neuro-musculaire fondée sur la physiologie agoniste / antagoniste
Le cœur du strain counterstrain repose sur la régulation réflexe du tonus musculaire.
Lorsqu’un muscle est en situation de dysfonction, un déséquilibre s’installe entre :
- le muscle agoniste et son antagoniste
- les afférences proprioceptives (fuseaux neuromusculaires, organes tendineux de Golgi)
Une mise en tension brutale ou un étirement direct entretient parfois l’hyperactivité des fuseaux neuromusculaires.
À l’inverse, la mise en position de raccourcissement confortable, appelée position de facilité, réduit l’activité afférente anormale et favorise un rééquilibrage réflexe.
La technique consiste à :
- Repérer un point douloureux précis (tender point).
- Placer le segment corporel dans une position qui diminue la douleur d’au moins 70 %.
- Maintenir cette position environ 90 secondes.
- Revenir lentement en position neutre.
Ce mécanisme s’intègre dans le modèle neuro-musculaire moderne de la modulation de la douleur et du tonus par les boucles spinales.
Une méthode douce et sans danger
L’un des intérêts majeurs du strain counterstrain réside dans sa douceur.
Il n’y a :
- ni thrust
- ni mobilisation forcée
- ni étirement contraignant
La technique se déroule toujours dans une zone de confort.
Cela la rend applicable :
- chez l’enfant
- chez la personne âgée
- chez le patient fragile
- en post-opératoire
- en phase aiguë douloureuse
Dans un contexte où la sécurité des soins est centrale, cette approche présente un profil particulièrement rassurant.
Une méthode qui respecte le consentement à chaque instant
Le strain counterstrain impose une collaboration permanente avec le patient.
Le thérapeute demande en continu :
« Est-ce plus confortable ? »
« La douleur diminue-t-elle ? »
Le patient devient le repère principal.
La position n’est jamais imposée. Elle est ajustée en fonction du ressenti.
Cette interaction constante :
- renforce la relation thérapeutique
- diminue l’appréhension
- favorise la régulation neurovégétative
- soutient la confiance
Dans une époque attentive au consentement éclairé, cette méthode s’inscrit pleinement dans une pratique éthique et respectueuse.
Indications cliniques fréquentes
Le strain counterstrain peut être intégré dans :
- douleurs musculo-squelettiques aiguës
- cervicalgies, lombalgies
- douleurs post-traumatiques
- syndromes myofasciaux
- douleurs chroniques avec hypersensibilité
Il peut être utilisé seul ou intégré dans une prise en charge plus globale associant éducation, exercice thérapeutique et travail neuro-moteur.
Kiné Formations, partenaire exclusif du Jones Institute USA en France
La diffusion structurée et fidèle de la méthode est assurée par le Jones Institute aux États-Unis.
En France, Kiné Formations est partenaire exclusif du Jones Institute USA pour la diffusion de la méthode.
Cela garantit :
- le respect du protocole original
- un enseignement validé par l’institut fondateur
- une continuité pédagogique internationale
- une certification reconnue
Pour le kinésithérapeute, c’est l’assurance d’une formation conforme à l’enseignement de référence.
En savoir plus : https://www.kine-formations.com/catalogue-formations/formation-jones-classic/
Autres épisodes de « Viscéral : mon ventre, ma santé »
- Douleurs périnéales : et si l’intestin était impliqué ? 12 juillet 2026
- Thérapie manuelle viscérale et douleur musculo-squelettique chronique 18 mars 2026
- Rôles méconnus de l’appendice vermiforme : implications pour la kinésithérapie 4 mars 2026
- Odeurs corporelles et consommation de protéines ? 15 février 2026
- L’acide urique : protecteur… ou déclencheur inflammatoire ? 15 février 2026
- Fer et ferritine : une physiologie digestive avant d’être sanguine 8 février 2026
- Fasciatome : quand la douleur ne suit pas le dermatome 31 janvier 2026
- le corps parle au cerveau avant que le patient ne parle 29 janvier 2026
- SOPK : que faire ? 28 janvier 2026
- Le « ventre de bois » : faisons le point 21 janvier 2026
- Manquez-vous d’acide chlorhydrique ? 17 janvier 2026
- La douleur : remercier, respecter, apprendre 15 janvier 2026
- Capsulite rétractile : enfin des explications 11 janvier 2026
- Sport, foie et kinésithérapie 9 janvier 2026
- Marqueur d’irritation péritonéale : Blumberg 3 janvier 2026
À propos du podcast
Découvrez les secrets de la santé digestive avec Thierry Blain, kinésithérapeute spécialisé en thérapie manuelle viscérale et massage abdominal thérapeutique. Pour qui ? ✅ Kinésithérapeutes souhaitant enrichir leur pratique ✅ Patients cherchant des solutions naturelles et durables ✅ Professionnels…
Épisodes similaires
- 26 - Objectifs 2026 + actualités ortho – Entre deux séances par @ortho_sereine
- 🌿 FORÊT VIVANTE, FEUILLAGE PROFOND et ESPACE NATUREL — 1 H pour méditer et se recentrer – LA RELAXATION PAR LES SONS DE LA NATURE
- Nouveauté en Neuromodulation: une nouvelle stimulation magnétique transcranienne ultrarapide – TechCareLab
- Victor dédie une chanson à son papa décédé – Libre antenne - Valérie Darmon
- #96-Non ! Nous ne sommes pas venues sur Terre pour sauver notre lignée ! – AMES
- L’autothéorie, ou penser l’inceste depuis son corps avec Iris Brey – Folie Douce - politiser la santé mentale
Tous les épisodes de Viscéral : mon ventre, ma santé · Plus de podcasts Health Fitness