Centrafrique: à la recherche de solutions de financement pour les entreprises privées

Épisode de Afrique économie par RFI · 27 octobre 2026 · 3 min

En Centrafrique, comment mieux financer les entreprises et les PME pour développer le secteur privé et créer davantage d'emplois ? Un constat s'impose : malgré son potentiel, le secteur privé centrafricain peine encore à décoller, notamment en raison des difficultés d'accès au crédit et aux investissements.

Avec notre correspondant à Bangui,

Dans cette grande salle de conférence, se trouve un panel animé par des représentants de la Banque mondiale et de la Société financière internationale (SFI) – la branche secteur privé de l'institution. Ils ont fait le déplacement à l'occasion des Bangui Financial Days. Aliou Maïga, le directeur régional de la SFI, rappelle les fondamentaux : « Une entreprise qui peut démontrer qu'elle a des activités ou des garanties pouvant permettre de rembourser le montant qu'elle demande en général se fera financer. La question, c'est : comment une entreprise peut démontrer qu'elle a suffisamment d'activité pour rembourser ses prêts ? Dans les pays les plus avancés, on parle des états financiers. Mais il n'y en a pas ici. »

Pour Aliou Maïga, c'est là que les nouvelles technologies peuvent faire la différence : « Sans état financier, qu'est-ce qu'on peut regarder ? Classiquement, les banques vont demander des garanties. Et là, également la technologie permet dans beaucoup de cas aujourd'hui de pouvoir faire des analyses basées sur les comportements et les flux. »

Benois Mandogo dirige l'OR Rouge, une entreprise de production d'huile de palme à Bossongo Café, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Bangui. Pour lui, la structuration du secteur privé dépasse le cas individuel. Il vient aussi d'un problème structurel. « Pendant dix ans, nous avons travaillé dans l'informel, sans papiers, sans infrastructures, sans électricité et sans véritable vision. Nous travaillions manuellement, avec des outils et des équipements archaïques. Ce manque de professionnalisation ne me permettait pas d'accéder au financement bancaire ni au crédit », décrit-il.

Formation et encadrement

Le secteur de l'emploi en Centrafrique est encore prédominé par l'informel. Et le taux de chômage et de sous-emploi reste très élevé. Selon les estimations, il touche plus de 60% des jeunes. C'est le chantier prioritaire pour Aliou Maïga : « La meilleure définition du développement, c'est de créer des emplois jusqu'au plein emploi. Si on arrive à faire ça, on a développé un pays. Le focus, c'est vraiment : comment créer des emplois productifs et durables dans les infrastructures, dans les secteurs générateurs d'emplois ? »

Ces dernières années, certaines entreprises, dont l'OR Rouge, affirment avoir pu améliorer leurs activités grâce à la sensibilisation, aux conseils et à l'accompagnement d'experts et d'investisseurs. « Ces six derniers mois, j'ai bénéficié de formations et participé à plusieurs colloques sur l'entrepreneuriat. Ma vision a changé. J'ai structuré mon entreprise et j'ai pu bénéficier d'un crédit bancaire. Ce financement m'a également permis d'acquérir des machines de production modernes », met en avant Benois Mandogo. Le cadre légal centrafricain contribue également à la frilosité des investisseurs. La loi sur le climat des affaires – initiée depuis plus de dix ans – n'a toujours pas été adoptée. Selon le gouvernement, ce retard s'explique notamment par la complexité du processus de réforme, entre consultations, arbitrages techniques et procédures institutionnelles.

À lire aussiCentrafrique: comment sortir de l'enclavement et relancer l'économie?

Autres épisodes de « Afrique économie »

À propos du podcast

Chaque jour sur RFI, vivez la mutation de l'économie africaine. Chefs d'entreprises, décideurs, africains de tous bords et de toute condition témoignent dans Afrique Économie, votre rendez-vous de l'Économie africaine sur RFI.

Afrique économie

Épisodes similaires

Tous les épisodes de Afrique économie · Plus de podcasts Business