Mali: le séchage de mangues à Sikasso
Épisode de Chronique agriculture et pêche par RFI · 13 mars 2020 · 2 min
En dépit des nombreuses difficultés, le Mali produit environ 200 000 tonnes de mangues. Et 22 276 tonnes de mangues fraîches sont exportées. L’excédent est consommé sur place, ou transformé en nectar, confiture, jus ou mangues séchées. La société Kéné Yiridén basée à Sikasso est spécialisée dans le séchage de mangue et de légumes. Elle emploie aujourd’hui 36 personnes dont 26 femmes.
Issouf Coulibaly est le directeur de Kéné Yiridén. Cette société fait principalement la transformation de mangues séchées, en plus de croquettes de banane et de l’ananas séché : « Pour valoriser nos produits agricoles, on est obligés de les transformer pour créer de la valeur là-dessus, et pour permettre à nos producteurs de ne pas brader leurs produits. Les produits qui ne peuvent pas être exportés, frais, on les transforme en produits séchés, qui sont exportés en Europe. Surtout la transformation de la mangue qui emploie beaucoup de formes, ça permet de diminuer la pauvreté, ça permet de nous faire avancer. »
► À écouter aussi : Mangue : une campagne compliquée pour l'Afrique de l'Ouest
À ce niveau, on passe du séchage traditionnel des produits agricoles à une phase industrielle. Mais ce n’est pas à proprement parler de l’industrie, puisque Kéné Yiridén travaille en partenariat avec 97 producteurs sur une superficie de 350 hectares. La nouveauté ici, c’est la certification bio : « On cueille les mangues des champs, et les mangues, une fois cueillies des champs, sont d'abord présélectionnées minutieusement. Après, c'est les femmes qui sont là pour éplucher la mangue. Après l'épluchage, on les tranche. Après les tranches, on les met dans le séchage. Après le séchage, c'est le refroidissement, et après ça, on les met dans les sachets pour l'exportation et la vente locale. Aujourd'hui, nous avons de nouveaux séchoirs, qui viennent d'Afrique du Sud, qu'on appelle le séchage à tunnel. Aujourd'hui, ils sont au Burkina Faso, au Mali, et aussi en Côte d'Ivoire. Le séchage est rapide, le produit est homogène et la qualité est impeccable. »
Avant cette activité de séchage, les mangues étaient jetées ou bien données aux animaux : « Les producteurs étaient obligés de les brader, c'est les vaches, les ânes qui les mangeaient. Mais aujourd'hui, avec la transformation, avec l'exportation de la mangue séchée comme fraîche, le paysan s'en sort. Aujourd'hui, avec l'orpaillage qui se passe dans notre sous-région, il faut que l'on convertisse nos paysans à planter des arbres, ça peut être bon pour eux. Parce qu'une fois à un certain âge, tu ne peux plus cultiver. Si tu as des manguiers, ça peut te permettre d'avoir des revenus et te permettre de faire tes beaux jours. »
Il y a plusieurs choses qui se cachent derrière les mots de mon interlocuteur. L’orpaillage attire les jeunes qui délaissent l’agriculture. Alors que les agriculteurs vieillissent. L’arboriculture intervient donc comme un supplément après la saison agricole.
► À écouter aussi : La mouche de la mangue en Afrique de l’Ouest
Autres épisodes de « Chronique agriculture et pêche »
- Le recensement agricole 2020 en France 3 avril 2020
- Gérer les ressources naturelles : la technique de la «mise en défens» 27 mars 2020
- Le Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (Cilss) 20 mars 2020
- Le jardin maraîcher des femmes de Kraa Lahmaar en Mauritanie 6 mars 2020
- PK6 de Rosso, du maraîchage pour retisser du lien social 28 février 2020
- Le virus de la tomate, une nouvelle menace pour les producteurs 21 février 2020
- Mauritanie: Contrôle sanitaire au port fluvial de Rosso 14 février 2020
- La méthanisation, comment ça marche? 7 février 2020
- La rémanence des produits chimiques en agriculture biologique 31 janvier 2020
- Le PRAPS Mauritanie 25 janvier 2020
- L’apiculture européenne en difficulté 17 janvier 2020
- Une expérience d’éducation à l’alimentation au Burkina Faso 10 janvier 2020
- Le Marché d’Intérêt National de Rungis 3 janvier 2020
- France: le contrôle de la qualité du matériel agricole 27 décembre 2019
- La formation professionnelle en élevage et santé animale au Sahel 20 décembre 2019
À propos du podcast
La chronique de Sayouba Traoré, c'est tout ce qui fait le charme de la vie au village. L'angoisse des pères quand la pluie est avare, alors que le grenier est vide. L'ingéniosité des mères pour faire face au dénuement, lorsque la saison sèche devient interminable. L'insouciance des enfants pendant…
Épisodes similaires
- Brigade nocturne d'Amiens : 12h dans l'ENFER des rues françaises – Culture française
- Le QR code – Scroll - série explorant les dessous de vos écrans
- E01.5 – Témoignages (mix) – Radio Campus Bordeaux
- L'affaire Robert Hendy-Freegard – Affaires sensibles
- Et si on en parlait - 23/10/2026 - Partie 2 – Et si on en parlait
- Sur les rails de l'histoire – Racines & Récits
Tous les épisodes de Chronique agriculture et pêche · Plus de podcasts Société