Bien qu'ennemis, l'Iran et Israël se retrouvent sur l'intimidation et la répression des journalistes

Épisode de Chronique des médias par RFI · 18 septembre 2026 · 3 min

L'Iran et Israël sont en guerre et dans ces deux pays, l'intimidation et la criminalisation des journalistes et de leurs sources sont la règle. Et parfois, avec des méthodes comparables.

Ce sont deux pays ennemis et ils ont parfois des points communs dans leur façon de combattre le journalisme, ou de faire pression sur les professionnels de l'information et leurs sources. Selon Reporters sans frontières, ils ont d'ailleurs l'un et l'autre des journalistes emprisonnés, 22 en Israël et 19 en Iran.

En Iran, l'inquiétude monte encore d'un cran avec une loi en préparation qui interdit, au nom d'un « plan de lutte contre l'influence étrangère », toute participation à des interviews avec des médias ou des professionnels qualifiés d'« hostiles » par le ministère du Renseignement. Il s'agit de mettre une chape de plomb sur l'information. Ou, comme le dit depuis la Turquie l'avocat iranien Mousa Berzin, « tout employé, médecin, infirmier, avocat ou autre citoyen susceptible de constituer une source d'information risque, par crainte des sanctions, de garder le silence. »

Côté journalistes, le fait même d'être employé par des médias étrangers peut vous conduire droit en prison. C'est ce dont témoigne Yalda Moaiery, une photojournaliste indépendante qui a couvert les attaques israélo-américaines. Cette Iranienne qui couvre la région pour Le Monde, Time ou El País vient d'être condamnée à 15 ans de prison. Elle a vu sa peine confirmée le 1ᵉʳ septembre et attend son procès en appel.

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En Israël, les journalistes sont aussi victimes de répression et d'intimidation

Les journalistes sont victimes de répression quand ils sont palestiniens – ils sont plus de 200 à avoir été tués à Gaza et nombreux à être incarcérés selon RSF – et ils sont victimes d'intimidation quand ils sont israéliens. La grande différence, c'est qu'Israël a encore une presse libre : c'est ce qu'on a vu ce mois-ci avec le journal Haaretz qui a révélé que Benyamin Netanyahu avait été informé par les Émirats arabes unis qu'un bain de sang se préparait dix jours avant le 7 octobre 2023. On peut citer aussi le site +972 Magazine qui avait révélé l'utilisation de l'intelligence artificielle pour éradiquer le Hamas à Gaza au prix de dizaines de milliers de vies civiles. Netanyahu poursuit Haaretz pour diffamation et les journalistes de +972 font l'objet de campagnes de déstabilisation en étant menacés d'être déchus de leur nationalité.

C'est le même type de pressions que subissent les réalisateurs de Naza, Yuval Abraham et Rachel Szor : après la Mostra de Venise, où leur film a été primé et longuement applaudi, le ministre de la Culture israélien a menacé les deux documentaristes d'un retrait de leur nationalité et il a exigé une enquête pour identifier les militaires qui témoignent que l'IA autorisait à Gaza jusqu'à 500 morts civils pour un responsable du Hamas.

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L’actu des médias, les médias dans l’actu : tel est le propos de cette chronique qui se propose de décrypter ce qui change les médias à l’ère numérique - et donc la façon dont on est informé. Les évolutions technologiques, la crise des modèles classiques, les nouveaux vecteurs d'information...…

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