L'arrivée de Charles Sapin de «Valeurs actuelles» à France Inter fait polémique

Épisode de Chronique des médias par RFI · 4 septembre 2026 · 3 min

Levée de boucliers au sein d'une partie de la rédaction de France Inter. À l'origine de leurs protestations, il y a le recrutement comme chroniqueur de Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, hebdomadaire à la ligne éditoriale classée à l'extrême droite.

Il y a même un mot d'ordre de grève à France Inter si la direction ne revient pas sur sa décision de recruter Charles Sapin, tout récent numéro deux de la rédaction de Valeurs actuelles, à un poste d'éditorialiste politique le dimanche matin. Ce n'est d'ailleurs pas lui, l'ancien journaliste du Figaro et du Point qui est en cause, mais son journal Valeurs actuelles. L'hebdomadaire a été condamné définitivement, il y a deux ans, pour injures publiques à caractère raciste, après avoir représenté en esclave la députée Danièle Obono (La France insoumise).

À l'entendre, Charles Sapin serait très loin de cette ligne éditoriale. Il a d'ailleurs été chargé de repositionner Valeurs Actuelles en magazine des droites. Seulement, le titre a été racheté il y a un an par trois investisseurs, dont l'un, Pierre-Édouard Stérin, ne cache pas sa volonté de peser sur l'élection présidentielle 2027 en favorisant l'union des droites. Pierre-Édouard Stérin est aussi un milliardaire exilé fiscal qui s'est déclaré à droite de l'extrême droite sur l'immigration.

Une polémique qui oppose direction et syndicats à France Inter

Cette polémique intervient, en effet, juste après que le journaliste marqué à gauche, Thomas Legrand, a dénoncé son invisibilisation de l'antenne après une vidéo prise à la volée, où il a été accusé d'être en connivence avec des responsables socialistes. Pour les représentants du personnel, Charles Sapin appartient à la direction d'un magazine qui n'est pas compatible avec les valeurs de Radio France. Pour la direction, à l'inverse, il est un signe de pluralisme avant la présidentielle, sachant qu'il y a sur France Inter des chroniqueurs venus d'autres hebdos, dont Alternative Économique et le Nouvel Obs, plutôt classés à gauche.

Pluralisme ou banalisation des idées d'extrême droite

Souvenez-vous : en 2024, le Conseil d'État a demandé à l'Arcom, le gendarme de l'audiovisuel en France, de garantir le pluralisme sur CNews en regardant l'ensemble des prises de parole, y compris des chroniqueurs. Ce qui s'applique à CNews peut aussi valoir pour France Inter, d'autant qu'en juin, la station a été mise en demeure par le régulateur de mieux répartir le temps de parole politique, les voix du RN étant concentrées la nuit. Alors oui, « écoutons nos différences », comme dit le slogan. Mais en même temps, Valeurs Actuelles a participé aux attaques contre l'audiovisuel public en soutenant que, face à un service public très à gauche, heureusement qu'il y avait des milliardaires très à droite. Très à gauche, il faut le dire vite. Et la question est de savoir si Radio France ne participe pas un tout petit peu, le dimanche, à la banalisation des idées d'extrême droite voulue par Pierre Édouard Sterin.

À lire aussiMenace de grève à Radio France après l'arrivée d'un éditorialiste de «Valeurs Actuelles»

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L’actu des médias, les médias dans l’actu : tel est le propos de cette chronique qui se propose de décrypter ce qui change les médias à l’ère numérique - et donc la façon dont on est informé. Les évolutions technologiques, la crise des modèles classiques, les nouveaux vecteurs d'information...…

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