"Nous avons été naïfs à l'égard du Hamas", affirme l'ex-otage israélienne Shoshan Haran

Épisode de En tête-à-tête par FRANCE 24 · 6 octobre 2026 · 13 min

Dans un entretien accordé à France 24, l'ex-otage israélienne Shoshan Haran a estimé que ses compatriotes et elle avaient été "naïfs" au sujet du Hamas avant les attaques du 7-Octobre, qui ont notamment visé son kibboutz. Retenue en otage pendant cinquante jours, elle se rappelle, trois ans après, avoir voulu ne "montrer aucun signe de faiblesse" à ses ravisseurs.

L'Israélienne Shoshan Haran, fondatrice de Fair Planet, une ONG qui vient en aide aux agriculteurs démunis à travers le monde, a été prise en otage le 7 octobre 2023 par le Hamas dans son kibboutz de Be'eri, dans le sud de l'État hébreu.

Alors que ses mémoires "Mission in Captivity" (Éd. Wicked Son) viennent d'être publiées en anglais, elle revient sur les liens entre sa communauté et Gaza. Elle se souvient notamment qu'avant le 7-Octobre, des habitants de l'enclave palestinienne travaillaient dans le kibboutz, et les résidents conduisaient les enfants malades de Gaza jusque dans les hôpitaux israéliens.

"D'abord, oui, nous avons été naïfs", a-t-elle déclaré. "Nous ne pensions pas qu'ils voulaient vraiment nous tuer tous. Bien qu'ils l'aient dit", a-t-elle poursuivi. "Quand je dis 'ils', je parle du Hamas. Ils le disaient très clairement dans leurs déclarations, dans leurs discours, dans tout ce qu'ils disaient."

"Accuser Israël de génocide est un mensonge"

Interrogée sur les accusations de génocide par Israël à la suite de la guerre à Gaza, Shoshan Haran a déclaré qu'"accuser Israël d'un génocide est un mensonge".

Retenue en otage pendant 50 jours avec sa fille, sa belle-sœur et ses enfants, Haran a expliqué qu'elle avait tout de suite compris qu'elle était "en mission" pour "protéger sa famille" et qu'elle devait jouer "un rôle de liaison entre [sa] famille et les ravisseurs".

De ses lectures des livres de survivants de la Shoah, elle a retenu une leçon : "Ne montrer aucun signe de faiblesse." "Avec mon langage corporel et en les regardant dans les yeux, j'ai plus ou moins réussi à demander et obtenir le respect."

"J'ai adoré vivre"

C'est seulement lors de sa libération, le 25 novembre 2023, que Haran a appris que son mari, Avshalom, et sa sœur n'avaient pas été enlevés mais assassinés le 7-Octobre. Son gendre Tal, retenu captif dans un tunnel durant 505 jours, lui confiera plus tard les derniers mots de son mari : "J'ai adoré vivre."

En pleine reconstruction dans un différent kibboutz, Haran confie : "Mon mari me manque tous les jours. Il me manque à chaque minute, à chaque seconde."

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Des entretiens en tête-à-tête sans concessions avec des dirigeants, des personnalités, des voix alternatives. Découvrez les figures du monde culturel, de la politique, des activistes, des PDG. Ce sont celles et ceux qui façonnent notre monde. Le vendredi à 18 h 15 avec Marc Perelman.

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