Livres d'hier, réflexions d'aujourd'hui
Épisode de Fammelette 💗 par Laurie Gubian · 6 octobre 2024 · 8 min
Quelques semaines se sont écoulées depuis ma dernière newsletter. Et non, ce n’est pas le syndrome de la page blanche qui m’a retenue. En réalité, toutes les pages que j’ai croisées étaient bien remplies !
Un peu plus bas, tu découvriras à quoi j'ai consacré mes week-ends dernièrement. Mais pour l’instant, j’ai envie de te parler de livres.
Mon tout premier livre, c’était… un livre en bois.
Un vieux bouquin que j'avais déniché, je ne sais plus où, et que je trimballais partout. Le titre ? Aucune idée. Mais je me revois, installée fièrement sur ma petite chaise en bois (elle aussi), à faire semblant de lire. Je tournais les pages, je les sentais et je tapotais sur la couverture comme si ce livre renfermait tous les secrets du monde. Je ne savais même pas lire, mais j’avais compris que le savoir était à portée de main. Entre mes mains. C’était mon livre en bois, et j’en étais fière !
Puis, les choses ont changé. Les livres d’école ont pris la place.
De nombreuses lectures imposées pour lesquelles je n’ai jamais eu d’intérêt. Un exemple qui me revient toujours en tête ? L'Assommoir de Zola. Pour le coup, il m’a vraiment assommée ! Ce qui est sûr, c’est que ces lectures scolaires ont compliqué mon rapport aux livres. Lire est devenu une corvée.
Et pourtant, au milieu de tout ça, un livre a marqué ma scolarité : Comme un roman de Daniel Pennac. Cet essai sur la lecture m’a ouvert les yeux. Pennac défend une approche libre, joyeuse des livres, loin de la pression académique qui transforme la lecture en devoir pesant. Il y présente les fameux "Droits imprescriptibles du lecteur" – comme le droit de ne pas finir un livre ou de sauter des pages. Ce qui m’a marqué dans son message, c’est l’idée que lire devrait être un plaisir personnel, sans contrainte, et que chacun doit le faire à son rythme et selon ses envies.
J’aimerais donc revenir sur quatre de ces droits qui résonnent particulièrement avec la lectrice que je suis aujourd’hui.
1) Le droit de ne pas lire
Tout au long de mes études, je me suis largement octroyé ce droit. Après tout, j’avais bien assez à faire : les longs cours en amphithéâtre, les prises de notes interminables comme un robot, les révisions et surtout, les listes de livres à lire ! J’ai étudié un an aux États-Unis et j’ai cru halluciner ! Des dizaines de livres à lire par cours ! Le fameux “syllabus”… Heureusement, toutes les lectures n’étaient pas obligatoires !
2) Le droit de sauter des pages
J’ai obtenu ma mention “saut de page” le jour où j’ai lu Notre Dame de Paris de Victor Hugo. Sans la moindre culpabilité, j’ai sauté des pages et des pages de descriptions sans fin afin d’arriver au plus vite au cœur de l’action. Honnêtement ? Qui s’en fiche de savoir si Notre-Dame a tant de gargouilles sur ses toits ? Tout ce discours sur la prouesse architecturale, sur les arcs-boutants, sur l'harmonie des proportions, ça m'échappe totalement, et surtout, ça m’ennuie. Il y a qu’un seul moment qui m’intéresse, c’est le moment où Quasimodo sauve Esmeralda !
3) Le droit de ne pas finir un livre
Je suis féministe, sans aucun doute. Mais s’il y a un livre que je n’ai pas réussi à finir, c’est Feminism is for Everybody de Bell Hooks. Un comble, me diras-tu, pour quelqu’un qui s’intéresse profondément aux questions de genre et d’égalité. Pourtant, malgré ma volonté, ce livre m’a paru trop philosophique, presque trop dense. L’approche était trop complexe.
Bell Hooks est une figure incontournable du féminisme intersectionnel. Feminism is for Everybody est un appel puissant à un féminisme inclusif, accessible à toutes et à tous. Alors que le titre promet un féminisme pour "tout le monde", le contenu, avec ses analyses profondes et ses réflexions sociologiques, m'a parfois donné l’impression qu’il n'était pas forcément écrit pour "tout le monde".
4) Le droit de lire n'importe quoi
Pendant longtemps, j'ai cru que lire se résumait à lire des romans. Ce type de lecture, très honnêtement, ne m'a jamais vraiment captivée. Les récits fictifs, aussi beaux soient-ils, ne me parlaient pas. J’en ai donc déduit que je n’aimais tout simplement pas lire. Puis un jour, j'ai découvert un tout autre univers : celui du féminisme. Je ne sais pas si l'on peut vraiment qualifier cela de "genre" littéraire – mais c’est cet univers qui a transformé ma relation à la lecture. Découvrir l’histoire du féminisme et des œuvres qui abordent les luttes et les expériences des femmes a changé ma perception de ce que signifie "lire".
Ces textes, qui déconstruisent la société patriarcale ou interrogent la place des femmes, ont eu un effet libérateur sur moi. Lire est devenu une manière d'ouvrir les yeux sur le monde qui m’entoure. Ce sont des textes qui m’ont permis de mieux comprendre ma propre place en tant que femme dans cette société, et surtout de poser des mots sur des sentiments, des expériences que je n’avais jamais vraiment su articuler avant.
Je prends désormais plaisir à annoter les pages, à souligner des phrases qui résonnent en moi, à m’arrêter pour réfléchir, puis à coucher mes pensées sur le papier, dans cette newsletter. Lire n’est plus une corvée, ni un exercice scolaire dépourvu de sens. Lire est devenu un acte de libération.
Si cela t’intéresse, je serai ravie de partager plus en détail ces lectures féministes qui ont transformé ma vision du monde. Il y a tant d’auteures et d’ouvrages qui méritent d’être connus, tant d'idées à explorer, tant de conversations à engager…
À quoi ai-je consacré mes week-ends dernièrement ?
J’ai été prise d’une soudaine motivation : fouiller dans les vieux cartons qui dormaient paisiblement dans les caves des parents. Dans ces cartons, se trouvaient des livres, plein de livres ! Voilà, c’était ça la raison pour laquelle je n’ai pas écrit plusieurs dimanches de suite. Ces livres étaient abandonnés là depuis 10 ou 20 ans. Mais voilà, il était de ma responsabilité de faire quelque chose avec ces reliques poussiéreuses !
Qui n’a jamais gardé quelque chose en se disant : « Ça peut toujours servir » ! Pourtant, la vraie question à se poser, c'est : « Est-ce que je m’en sers ? » Si la réponse est non, il est temps de lâcher prise. Adieu, nostalgie d’enfance. À moins, bien sûr, que ce livre ne soit vraiment spécial !
Quoi de mieux que de redonner une nouvelle vie à ses joyeux vieux bouquins ? C’est dans l’air du temps, et c’est tout bénéf’. Soit vous les donnez pour faire des heureux et heureuses (je les dépose dans la petite cabane à livre au parc de mon village), soit vous vous lancez dans l’aventure de la revente en ligne.
J’ai testé pour vous Momox et La Bourse aux Livres.
Les deux sont spécialisées dans la revente et le rachat de livres d’occasion.
Avantages :Facile d’utilisation, il suffit de scanner et c’est dans le panier ! Attention, tous les livres ne passent pas, car les plateformes rachètent les livres pour lesquels il y a de la demande. Les frais d’envoi sont gratuits, un vrai + !
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À propos du podcast
Le cardiogramme d’une milléniale sensible pour décoder le travail, la vie et tout le reste. fammelette.substack.com
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