LE MAROC COMMENCE À DOUTER DE MOHAMED OUAHBI

Épisode de Foot Central par Foot Central · 6 octobre 2026 · 14 min

Mohamed Ouahbi commence à être remis en question au Maroc. Et le plus intéressant, c’est que ce ne sont pas vraiment les résultats qui posent problème.

Parce que sur le papier, son bilan est difficile à attaquer.

Avant le match contre le Mali, Ouahbi avait dirigé 13 rencontres avec les Lions de l’Atlas.

9 victoires.

3 nuls.

1 seule défaite.

29 buts marqués.

8 encaissés.

Six clean sheets.

Et cette unique défaite est arrivée en quart de finale de la Coupe du monde 2026 face à la France. Le 360 Sport Français

La FRMF elle-même avait renouvelé sa confiance après le Mondial, qualifiant le parcours marocain de positif et honorable. Snrt News

Donc non :

Mohamed Ouahbi n’est pas aujourd’hui un sélectionneur en crise totale.

Mais quelque chose commence quand même à changer.

Parce qu’au Maroc, on n’évalue plus uniquement un sélectionneur sur son nombre de victoires.

Le niveau d’exigence a changé.

Cette génération a joué une demi-finale de Coupe du monde en 2022.

Elle possède des joueurs installés dans de grands clubs européens.

Elle possède de la profondeur.

Elle produit de nouveaux talents.

Et elle veut gagner des trophées.

Donc lorsque le Maroc bat le Gabon 2-0 puis le Lesotho 2-0, la satisfaction existe.

Mais les supporters veulent aussi voir une équipe dominante.

Une équipe qui impose son football.

Une équipe capable de détruire un bloc bas.

Une équipe capable d’accélérer lorsqu’un match se ferme.

Et c’est précisément là que le match contre le Mali a fait mal.

1-1 à Tanger.

Le Maroc mène grâce à Abde Ezzalzouli.

Puis le Mali égalise à la 76e minute.

Mais le vrai problème n’est même pas le score.

C’est l’impression générale.

Le360 a décrit une équipe avec très peu d’idées dans l’animation offensive, incapable de réellement déséquilibrer le bloc malien, avec des changements qui n’ont pas réussi à transformer le match. Le média a donné 4/10 à Mohamed Ouahbi, pointant notamment l’entrée très tardive de Tawfik Bentayeb. Le 360 Français

Et c’est peut-être ça qui explique les critiques grandissantes.

Le Maroc gagne souvent. Mais convainc-il suffisamment ?

Ouahbi, lui, a livré une lecture beaucoup plus positive.

Après le match, il s’est dit satisfait d’avoir affronté une équipe capable de mettre le Maroc en difficulté, expliquant que ce genre de rencontre était précisément utile pour progresser. Snrt News

Et sur le fond, son argument se défend.

Un amical contre un adversaire solide sert justement à identifier les problèmes.

Le Mali est une bonne sélection.

Le match avait de l’intensité.

Et tester certains nouveaux joueurs peut provoquer des périodes moins fluides.

Mais là encore apparaît une fracture intéressante entre l’entraîneur et une partie du public.

Ouahbi voit un laboratoire.

Les supporters voient une sélection qui devrait déjà être beaucoup plus aboutie.

Et ce débat ne date pas d’hier.

Après le Mondial 2026, certaines critiques avaient déjà visé sa gestion du quart de finale perdu 2-0 contre la France.

Sur les communautés marocaines en ligne, on retrouve depuis plusieurs mois un débat très polarisé : certains estiment qu’il faut lui laisser du temps et rappellent son travail avec les jeunes, tandis que d’autres lui reprochent ses choix tactiques, sa communication et certaines décisions dans les grands matchs. Reddit

La gestion de Sofyan Amrabat a également alimenté le débat.

Ouahbi a expliqué qu’aucun joueur n’avait de place garantie et que les sélections dépendaient du niveau actuel. Amrabat, longtemps essentiel au Maroc, a progressivement perdu de l’importance, tandis que des profils plus jeunes comme Ayyoub Bouaddi ont pris davantage de place. Reuters

Et sportivement, cette logique peut se défendre.

Le Maroc doit préparer l’avenir.

Il doit faire émerger Bouaddi.

El Aynaoui.

El Khannouss.

Les jeunes champions du monde U20.

Ouahbi a justement commencé à redessiner son groupe autour d’une nouvelle génération tout en conservant une bonne partie de l’ossature du Mondial. Snrt News

Mais rajeunir n’est pas suffisant.

Il faut gagner ET convaincre.

Parce que le prochain objectif est immense :

la CAN 2027.

Après des années à attendre un nouveau titre continental, le Maroc ne peut plus arriver dans une CAN simplement comme « l’un des favoris ».

Cette génération doit viser le trophée.

Et c’est là que Ouahbi va véritablement être jugé.

Pas contre le Lesotho.

Pas sur un amical contre le Mali.

Mais sur sa capacité à construire une équipe capable de résoudre tous les types de matchs.

Bloc bas.

Transitions.

Adversaire physique.

Match à élimination directe.

Situation où le Maroc doit courir après le score.

Et pour l’instant, certaines réponses manquent encore.

C’est pourquoi le débat sur Ouahbi est beaucoup plus subtil qu’un simple :

« bon coach ou mauvais coach ? »

Son bilan est bon.

Ses résultats lui donnent du crédit.

La FRMF le soutient.

Mais les attentes marocaines sont devenues tellement élevées qu’un bon bilan ne suffit plus.

Le Maroc veut une identité.

De la domination.

Des solutions.

Et surtout des trophées.

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