Vladimir Poutine continue sa fuite en avant et appuie sur l'accélérateur
Épisode de La fabrique du monde par RFI · 7 octobre 2026 · 3 min
C'est l'anniversaire de Vladimir Poutine aujourd'hui. Le président russe a désormais 74 ans. Et dans sa guerre en Ukraine, qu'il a déclenché il y a plus de quatre ans, il ne donne aucun signe changement d'attitude ou d'inflexion stratégique malgré les difficultés.
Les obstacles sont réels. Absence de progression sur la ligne de front. Vulnérabilité aux attaques de drones de l'Ukraine dans la profondeur du territoire russe, avec une ampleur toujours plus importante. Des centaines, parfois plus d'un millier de drones comme le 20 septembre, dernier jour des élections législatives en Russie. À chaque fois, des victimes, et des infrastructures pétrolières visées. Résultat : une diminution des capacités de raffinage, de distribution et d'exportation. Des pénuries et des revenus en moins et donc une pression fiscale et économique accrue sur les Russes.
Davantage de moyens pour la guerre
Et la réponse, c'est encore plus de guerre. Malgré les difficultés, le budget de la défense est en hausse et ce n'est pas près de s'arrêter puisque cette hausse est déjà programmée jusqu'à l'horizon 2029. Cela signifie davantage de drones, davantage de missiles et davantage de moyens pour les guerres plus ou moins hybrides. Le message, c'est que le président russe peut continuer comme ça aussi longtemps qu'il le souhaite et aussi longtemps que nécessaire pour atteindre ses objectifs stratégiques de soumission de l'Ukraine. Bien qu'il n'ait pas procédé à la mobilisation générale crainte pour après les élections législatives, il a tout de même augmenté les effectifs de l'armée russe de 50 000 hommes.
Rhétorique menaçante
La pression est toujours plus forte sur l'Ukraine et ses partenaires. Les missiles contre lesquels le pays n'a pas suffisamment de moyens antiaériens, continuent de pleuvoir sur les villes et les installations énergétiques, de même que les drones. Les autorités de Kiev doivent mettre en place des mesures de restriction sur l'électricité. Les cibles civiles sont toujours visées. La dernière tactique, c'est l'attaque contre des ponts de Kiev empruntés quotidiennement par des milliers de personnes. Parallèlement, la Russie augmente sa rhétorique menaçante contre les soutiens de l'Ukraine et notamment européens. Le week-end dernier, elle est revenue à sa menace de l'usage de l'arme nucléaire comme elle l'a déjà fait à plusieurs reprises depuis le début de la guerre. Cette fois si un pays s'en prenait à l'enclave russe de Kaliningrad entre Lituanie et Pologne.
Faire des affaires
Pourquoi Vladimir Poutine choisit la fuite en avant ? Parce que c'est son caractère, mais aussi parce qu'il n'est pas seul. Il est loin d'être un pestiféré. Il est aidé par ses partenaires : la Chine, qui malgré les demandes répétées continue à fournir des pièces nécessaires à l'industrie d'armement russe. Le soutien est aussi affiché diplomatiquement, à travers par exemple les bonnes relations montrées lors du dernier sommet de l'organisation de coopération de Shanghaï au Kirghizstan. Mais pas seulement. Vladimir Poutine a reçu une invitation pour le sommet du G20 organisé à la fin de l'année par les États-Unis, où l'entourage du président ne cache pas son impatience de pouvoir faire des affaires et de renforcer ses liens financiers avec la Russie. Ils existent déjà. Un oligarque russe qui affirme avoir été remboursé depuis, a avancé les frais du mariage de Don Jr aux Bahamas. Et des proches de Donald Trump se préparent à acheter des actifs du géant énergétique russe Lukoil, officiellement pour favoriser la paix et faire baisser les prix de l'énergie.
Autres épisodes de « La fabrique du monde »
- Réseaux sociaux et démocratie: le Brésil comme cas d’école 23 octobre 2026
- Guerre en Ukraine: vers un «nouveau Yalta» entre Moscou, Pékin et Washington? 22 octobre 2026
- Contestation en Albanie: dans les Balkans, l’UE face à ses contradictions 21 octobre 2026
- Dans le Golfe, l’instabilité comme seule perspective 20 octobre 2026
- La Gen Z, une génération particulièrement mobilisée? 19 octobre 2026
- À Bruxelles, Volodymyr Zelensky à la recherche de soutien 16 octobre 2026
- Avec ses aides sur l'épidémie d'Ebola, la Chine étend son influence sur les instances de santé 15 octobre 2026
- La grande Allemagne rêvée du militant d'extrême droite de l'AfD 14 octobre 2026
- Le roi d'Espagne en visite sensible à Ceuta après la crise migratoire 13 octobre 2026
- Pressé d'en finir en Ukraine avant ses élections, Donald Trump sème la confusion 12 octobre 2026
- Pourquoi continuer à attribuer le prix Nobel de la paix 9 octobre 2026
- Marco Rubio en Grèce pour secouer des Européens pris en étau 8 octobre 2026
- En Espagne, le début d'une série d'élections qui peuvent changer le visage de l'Europe 6 octobre 2026
- En pleine tempête canado-américaine, la question de l'indépendance refait surface au Québec 5 octobre 2026
- Dix ans après le Brexit, le Royaume-Uni pense ouvertement à un retour dans l'Union européenne 1 octobre 2026
À propos du podcast
Du lundi au vendredi, Guillaume Naudin analyse les faits marquants de l'actualité internationale et décrypte les évolutions d'un monde en mouvement permanent.
Épisodes similaires
- À la Une: la fin d’un bastion de la presse libre en Russie – Revue de presse internationale
- Cyberattaque contre la plateforme de cryptomonnaies Binance: «Le marché reste assez serein pour l'instant» – Invité international
- Journal - 2026.10.30 – [KBS WORLD Radio] Journal
- Gilles Boyer, eurodéputé Renew, co-directeur de la campagne d'Edouard Philippe – Mardi politique
- Expo sur Amilcar Cabral: «On a voulu présenter un intellectuel africain qui a mis la dignité au centre de son action» – Le grand invité Afrique
- Abuja, les enjeux urbains de la capitale nigériane: le conflit urbano-pastoral [1/2] – Reportage Afrique
Tous les épisodes de La fabrique du monde · Plus de podcasts News Politics