Le cadre de Sonate
Épisode de la Voix des Mots : écriture, créativité et émotions ! par Mahuna Vigam · 12 janvier 2026 · 19 min
Bonne année 🥳
Qu’elle vous soit douce, belle dans la santé et l’amour !
Avant de commencer, voici le petit rappel pour aller lire le nouveau chapitre de mon roman Sonate. Hâte de savoir si tu l’as aimé. Si vous pouvez créer un compte pour pouvoir voter pour les chapitres, ça m’aide beaucoup à faire connaître le roman sur la plateforme à plus de personnes. Et dans l’optique de le signer en maison d’édition aussi :)
La formation LICARES ouvre à nouveau ses portes. C’est la formation qui m’a permis de terminer et de signer mon roman Comète. Si tu veux en savoir plus et profitez de mon code promo, clique ici. Je t’y explique tout ce qu’il y a à savoir dessus 😉
1 - Le cadre de Sonate
À la base, mon roman Comète (disponible en 2026) devait être un one-shot, un seul tome. Quand j’ai décidé d’écrire un contemporain, je voulais quelque chose de plus accessible et de “faisable”, parce que quand j’ai commencé la formation LICAR, j’avais plusieurs idées en tête, dont certaines avaient déjà l’air de pouvoir devenir des sagas — et moi, je n’étais pas prête pour ça. Je voulais juste réussir à terminer un roman, pas porter une saga, que ce soit en contemporain ou en afro-solarpunk (puisque j’ai aussi ce projet-là en tête).
Sauf que quand mes bêta-lecteur·ices ont lu Comète, iels ont ressenti une forme de frustration : certain·es personnages les laissaient sur leur faim, et iels auraient voulu en savoir plus. C’est à ce moment-là que l’idée m’est venue d’écrire un préquel (un tome avant Comet) et un sequel (un tome après). Et donc, Sonate, c’est le préquel. On y suit des personnages présents dans Comet, mais je ne dis pas lesquels parce que je ne veux pas spoiler — ni celles et ceux qui n’ont pas encore commencé Sonate, ni ce qu’il se passe dans Comet. Je précise juste qu’on retrouve des personnages d’un tome à l’autre.
Sonate se déroule dans un environnement particulier : la classe prépa. Et si j’ai choisi ce cadre, c’est parce que moi-même j’ai fait une prépa, et j’en garde des souvenirs mitigés. Je sais que certaines personnes ont vécu la prépa de manière très positive et en gardent un excellent souvenir, mais moi ce n’est pas le cas. Et je rappelle aussi que, comme beaucoup d’écrivain·es, mes romans s’inspirent en partie de moi, et mes personnages aussi, en partie, de mon vécu.
Pour moi la prépa n’est pas une école.C’est un dispositif.
Un point armé du capitalisme. Une machine à fabriquer des soldats du “CApital”. On n’y apprend pas seulement à travailler, on y apprend à encaisser. À se taire. À se dissocier de soi. À faire passer l’épuisement pour une preuve. On y cumule les “-ismes”. Sexisme discret ou frontal, corps triés, paroles coupées, légitimités volées. Classisme déguisé en exigence. Misérabilisme en costume : l’humiliation comme méthode pédagogique. Et au-dessus de tout : l’élite. La promesse d’élévation. Mais l’élévation n’est pas gratuite : elle demande que tu acceptes la hiérarchie. Que tu crois que certain·es méritent plus.
La prépa fabrique une “voix royale”. Une voix qui juge, qui classe, qui tranche. Une voix qui se croit neutre parce qu’elle est du côté du pouvoir. Moi je le dis : ce n’est pas juste dur. C’est politique.
Et pourtant, je veux nuancer.
Parce que la prépa, aussi violente soit-elle, a participé à me façonner. Elle a mis en exergue certains aspects de ma personnalité — à outrance. Elle m’a donné une endurance. Une capacité à faire plusieurs choses en même temps. Elle m’a appris à définir un objectif et à me donner les moyens de l’atteindre. Le paradoxe, c’est que cette institution m’a appris, bien plus tard, à la remettre en question. À comprendre ses mécanismes. À en tirer des avantages. À survivre, puis à m’en affranchir.
J’y ai aussi développé une capacité d’effacement. Une manière de me faire petite pour avancer. Et en tant qu’observatrice, j’ai appris à identifier les comportements sociaux : les codes, les rites, les postures. J’ai intégré des langages qui m’ont permis de “fondre” dans n’importe quel milieu. Même si, pendant un temps, j’ai cru devoir y adhérer pour exister.
Mais aujourd’hui, l’essentiel est ailleurs : déplacer ces outils. Réorienter cette discipline, cette lucidité, cette puissance de travail, vers quelque chose de plus juste. Plus efficient pour la société. Vers le vivant. Vers l’idée de faire corps avec soi-même et avec les autres — et pas seulement avec un système.
Et c’est précisément tout cet esprit-là — les avantages comme les inconvénients — qui constitue le cadre de Sonate. Je n’en dis pas plus pour éviter de spoiler, mais je suggère que si on lit Sonate avec tout ça en tête, on comprend mieux ce que j’ai voulu faire, et pourquoi la prépa me semblait être le cadre idéal pour l’histoire que j’avais envie de raconter.
2 - Comment j’essaie de trouver ma voix
On m’a posé deux questions : comment j’ai réussi à trouver ma voix sur Instagram en parlant à la fois de mon écriture et de mes valeurs sans me disperser, et quels conseils je donnerais à une autrice qui a un univers riche mais qui peine à se positionner clairement.
Déjà, je remercie la personne qui a posé ces questions, et je rappelle que mes DM et ma boîte mail Substack sont ouverts si d’autres personnes veulent m’écrire.
Ensuite, je le dis franchement : je ne me suis pas “non dispersée”. Au contraire, je me suis beaucoup dispersée, surtout au début. J’ai voulu aller trop vite, faire trop de choses trop rapidement. J’ai commencé par la poésie contemporaine en mai 2020, et quand j’ai décidé de sortir un recueil en octobre 2020 pour les fêtes de fin d’année (donc décembre 2020), j’ai fait ce que je déconseille toujours : j’ai voulu tout faire d’un coup. J’ai créé un site internet, puis j’ai voulu lancer un podcast… bref, j’ai accumulé des choses qui n’étaient pas indispensables. Et si je me suis dispersée, c’est aussi parce que je n’avais pas fait assez de recherches en amont, et surtout parce que je ne m’étais pas suffisamment mise en adéquation avec moi-même : je ne savais pas encore exactement ce que je voulais faire.
Pour moi, pour trouver sa voix sur Insta, quand on veut parler de son écriture et de ses valeurs, il faut essayer, tester. Et même aujourd’hui, je suis encore dans cette dynamique-là : je n’ai pas fini d’essayer. Le “gap” récent d’abonnés s’est fait sur une période courte, mais il faut rappeler que je suis sur Instagram depuis mai 2020. Et pendant longtemps, j’ai stagné autour des 2000 abonnés. En plus, pendant le confinement, j’ai eu une période où j’ai fait des choses un peu bizarres : j’ai trié dans mes abonnés parce que je trouvais certains comptes étranges, et je crois que j’ai supprimé presque 500 personnes en quelques mois. Donc même en imaginant que je ne l’avais pas fait et que je serais montée à 4000, la vraie progression récente (sur les trois ou quatre derniers mois) vient surtout d’un choix de positionnement : un choix nourri par des années de recherche, mais aussi par mon évolution personnelle.
Cette évolution, elle est liée aussi à la thérapie, parce que ces sujets, je les avais déjà en tête, mais je n’osais pas les incarner. Je n’osais pas en parler, parce que je ne me sentais pas légitime : je pensais ne pas avoir les codes, et même si j’avais beaucoup lu, j’avais l’impression de ne pas être capable de reformuler ça de manière intéressante.
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À propos du podcast
La Voix des Mots est un podcast et une newsletter dans lesquels je vous partage mes réflexions, mon quotidien, et mes romans. Je suis Mahuna Vigam (alias Mahuna Poésie), poétesse, romancière, podcasteuse et animatrice d’ateliers d’écriture créatifs et émotionnels. Ici on parlera donc écriture,…
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