Réelle efficacité ou outil "démagogique" ? L'encadrement des loyers est devenu un enjeu des élections municipales

Épisode de Le Top Ten de l'Actu par Boursorama · 6 février 2026 · 4 min

Professionnels, politiques, associations... Personne n'est d'accord sur la portée réelle -bénéfique pour les locataires ou délétère pour le marché locatif ?- de l'encadrement des loyers qui, à l'approche des élections municipales, est devenu un enjeu poltique. D'un côté, Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement des défavorisés, assure que l'encadrement "a conduit à une réelle modération des loyers" et "est plébiscité par les locataires" . Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM), dénonce lui un outil "démagogique" qui "fait fuir les investisseurs" du logement. Les joutes verbales entre les deux camps, jamais tombés d'accord depuis la naissance du dispositif en 2018, ont été relancées en décembre avec l'examen puis l'approbation par l'Assemblée nationale, d'une proposition de loi pour pérenniser et étendre l'encadrement des loyers. Annaïg Le Meur, députée Renaissance du Finistère, considère que le sujet est un enjeu dans la campagne des municipales "dans les grandes villes et les zones tendues", ainsi que là où l'encadrement s'applique déjà et pourrait disparaître en cas de changement de couleur du conseil municipal. Dans plusieurs métropoles, la question se pose également d'étendre le dispositif à des communes voisines, où les loyers grimpent aussi. Actuellement, autour de 70 communes appliquent l'encadrement des loyers , dont les grandes villes tenues par la gauche Paris, Lyon, Lille, mais aussi quelques municipalités de droite, notamment au Pays basque. Pour Thierry Repentin, coprésident de la commission Logement de l'Association des maires de France, l'encadrement "est un outil qui a été utilisé à bon escient" et il ne "faut pas en faire un débat démagogique". Un peu partout les candidats s'opposent, comme à Bordeaux, où l'encadrement des loyers est en vigueur depuis 2022. Stéphane Pfeiffer, adjoint au logement de la Ville, défend un "choix politique" dans une ville où "plus de 70% des habitants" sont locataires et où "beaucoup de gens ont du mal à se loger parce que les loyers sont trop chers". LFI, qui présente une liste à la gauche du maire écologiste Pierre Hurmic, veut renforcer le dispositif avec plus de contrôles. À l'inverse, l'ancien ministre macroniste Thomas Cazenave, principal opposant au maire sortant, juge le "dispositif complexe et peu efficace".

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