TLF 081 : Arrivé à 10 ans au Sénégal, il déclare son amour à sa terre adoptive
Épisode de Podcast Traverser La Frontière : Voyage & Expatriation par Michael Pinatton : Auteur & Entrepreneur Nomade · 6 mars 2018 · 54 min
Envie de vivre au Sénégal ? De comprendre le parcours d'un enfant d'expatrié ?
Dans cette interview, retrouvez Kevin qui a vécu toute sa vie entre le Maroc, la France et le Sénégal avant de s'installer définitivement à Dakar, sa ville de cœur.
Vous allez découvrir son histoire mouvementée, à quoi ressemble la vie d'un adolescent français à Dakar, le choc culturel de vivre à Paris et ce qu'il pense du Sénégal.
Écoutez tout de suite l'épisode (54 min) :
Épisode #081 sur l'histoire de Kevin entre la France et le Sénégal
J'ai rencontré Kevin lorsque je vivais à Paris il y a 6/7 ans et depuis nous avons gardé contact via Facebook. Lorsque j'ai décidé d'explorer l'Afrique, il m'a convaincu de venir au Sénégal afin de découvrir "son" pays. C'est donc à Dakar que nous avons enregistré ce podcast, qui ne ressemble à aucun autre et qui apporte une vision inédite de l'expatriation.
Après avoir vécu dans plusieurs pays, fait ses études en France et voyagé aux quatre coins de la planète, Kevin est devenu réalisateur vidéo au Sénégal. La terre qui l'a vu grandir à partir de 10 ans, le voit donc s'épanouir dans sa vie d'adulte.
Dans cette interview, on discute de son enfance entre le Maroc et la France, de son arrivée à Dakar, du déroulement de scolarité, des particularités de grandir au Sénégal, du choc culturel lorsqu'il a débarqué à Paris pour ses études, des différences entre la vie en France et au Sénégal et pourquoi il est tant attaché à ce pays africain.
Les liens de l'épisode :
Site de Kevin : Kevinvigouroux.com
Son studio vidéo à Dakar : Hannpictures.com
Comment écouter cet épisode ?
Cet épisode dure 54 minutes et vous pouvez l'écouter :
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Choisir de vivre au Sénégal : Le résumé écrit de l'interview
Kevin est réalisateur de films. Il a monté un studio de réalisation audiovisuelle à Dakar depuis 3 ans (Hann Pictures Studio) et ses principaux clients sont les ONG (Organisation Non Gouvernementale).
Les ONG ont besoin de communiquer sur leurs actions en Afrique. Il se rend sur place, filme et ressort avec des films de 3/5min qui vont aider les OGN à capter plus de fonds et aider plus de gens. Il fait surtout ça au Sénégal ou en Gambie et voyage aussi en Afrique de l'est (Tanzanie, Zambie, Malawi).
Une enfance entre le Maroc et la France
Kevin est né sur l'ile de la Réunion à Saint-Pierre. Sa famille est originaire d'Afrique du Nord, la plupart de Casablanca au Maroc. Il a passé son enfance entre le Maroc et la France, jusqu'à 10 ans. Il est alors arrivé à Dakar, car son père avait trouvé un emploi ici. Depuis il n'est jamais reparti. Il est d'ailleurs maintenant franco-sénégalais. À 18 ans, il est parti faire des études à Paris, dans une école de commerce. Il a ensuite pu partir en Finlande, en Australie, au Pérou ou aux États-Unis. À la fin de ses études, il est revenu s'installer à Dakar, il y a donc 3 ans.
Sa petite enfance se déroule principalement au Maroc. Il est allé de temps en temps en France en suivant les postes de son père, notamment près de Saint Étienne. Son père, qui travaille dans le BTP, a ensuite trouvé un poste à Dakar. En ce qui concerne sa maman, elle a fait des études dans la création de médicaments, puis a ensuite privilégié ses enfants par rapport à sa carrière. Elle a aussi une passion pour les livres et a été longtemps bibliothécaire pour les écoles françaises à Dakar.
Une adolescence colorée à Dakar
À son arrivée à Dakar, Kevin ne s'y sentait pas bien et ne voulait pas rester ici. Quitter ses amis alors qu'il avait 10 ans, ce n'était pas simple. Puis en l'espace de quelques mois, il s'est fait plein de nouveaux amis et Dakar est devenu son nouveau chez soi.
Il a tout d'abord été dans une école primaire aux Maristes, en suivant le programme sénégalais puis français.
Ensuite, il a fait ses études au lycée français Jean Mermoz, le principal établissement français de Dakar. Son lycée depuis la 6e jusqu'à la terminale.
Dans ce lycée, il y avait des gens de toute la planète : des enfants d'expatriés, de militaires, des Libanais, des Ivoiriens, des Sénégalais... Un beau "melting pot" international de 2 000 élèves, mais francophone.
Aujourd'hui, il y a beaucoup d'options à Dakar. Une école américaine, une école turque, etc.
Grandir dans la diversité
Son adolescence s'est passée comme n'importe quelle autre. Sauf qu'en bonus, il y faisait beau et chaud, il pouvait jouer dehors toute l'année, libre d'écrans virtuels.
Le Sénégal est un pays vraiment accueillant. Le peuple sénégalais est gentil, on y grandit sans animosité et dans un dialogue interculturel (majorité est musulmane et minorité chrétienne). Dakar est une ville cosmopolite, où l'on est bien accepté par les gens. On est tous pareils, peu importe l'origine ethnique. Il existe une vraie tolérance et pas de jugement direct. Il avait des amis de toutes origines et couleurs de peau.
Cette atmosphère l'a propulsé sur une bonne lancée pour devenir quelqu'un qui aime l'humain et les différences culturelles.
Le Sénégal a toujours été présent et s'est affirmé en lui ces dernières années. Notamment quand il a dû partir loin, il s'est rendu compte d'où il vient et de ses repères culturels.
Il ne s'est jamais posé la question de l'acceptation/intégration en étant au Sénégal.
Il n'y a que quand il est parti faire ses études à l'étranger qu'il a découvert que son point d'ancrage était Dakar. La vibe et la culture dakaroise font partie intégrante de lui, auxquelles il se sent appartenir, plus qu'à la culture sénégalaise dans son ensemble.
Des études en France et dans le monde
Au début, Kevin ne voulait pas vraiment étudier en France, il aurait préféré aller au Canada, découvrir l'Amérique du Nord et aller plus loin que ce qu'il connaissait déjà, mais il s'y est pris un peu trop tard dans les inscriptions ! Puis, grâce à une amie de sa mère, il a découvert par hasard une école de commerce centrée sur l'international où il pouvait partir dans un nouveau pays chaque année.
Et c'est en arrivant en France que Kevin connut son plus gros choc culturel.
Il imaginait connaitre la France et sa culture, que c'était son pays. Mais pas tant que ça. Paris est très différent culturellement de ce qu'il connaissait du Sénégal.
Il avait 18 ans et c'est la première fois qu'il quittait sa famille pour un long séjour, un peu le coeur lourd. Il a débarqué en France et savait qu'il fallait se débrouiller seul et s'adapter à la culture.
Son premier réflexe était : de ne pas adhérer à la culture, de sentir les gens trop différents de lui et de s'enfermer dans une bulle qui lui empêchait d'aller vers l'autre. Il était persuadé d'avoir raison, que les autres étaient cons, n'étaient pas agréables, etc. "Je ne les aime pas, je m'en protège" dit-il.
Après un an, il a réalisé que le fermé d'esprit, c'était lui. Il se rendit compte qu'il ne profitait pas de l'expérience et de la vie en tant que telle en réagissant comme ça. Cette leçon, il l'a comprise en partant en Finlande, durant sa deuxième année d'étude. Il voulait alors partir le plus loin possible de Paris.
Il a choisi une petite ville en Finlande, à la frontière russe et y passa un semestre extraordinaire. Il a rencontré des gens de tous les pays du monde, s'éclatait dans une véritable osmose culturelle. Il y avait plein de français, espagnols, finlandais... et il se rendit compte que ce n'est pas cette ville qui avait une atmosphère particulière, il fallait juste qu'il sorte de sa coquille.
En rentrant à Paris, il a changé d'attitude et ne voulait plus être centré sur lui même. Il a alors passé le restant de ses études à s'éclater et à rencontrer plein de gens.
"Souvent quand ça ne va pas, ce n'est pas forcément à cause des autres, mais beaucoup à cause de soi."
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À propos du podcast
Interview de français qui ont décidés de vivre à l’étranger, par Michael Pinatton
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