POURQUOI J'AI CHOISI D'ÊTRE SEULE POUR ME SAUVER ? LE TROUBLE QUI FAIT FUIR L'AMOUR, ÊTRE BORDERLINE AVEC BARBARA

Épisode de Amour Fou par Camille Laurens par Camille Laurens · 1 septembre 2026 · 1 h 18 min

C'est la rentrée, et pour cet épisode, je reçois Barbara ana Krokodeal. Créatrice de contenu sur les réseaux sociaux, elle est venue parler avec moi du trouble de la personnalité borderline. Après Kalika, artiste, autrice-compositrice-interprète, qui s'était livré sur son rapport à cette maladie en me confiant son histoire, Barbara vient aujourd'hui apporter un tout autre regard sur ce même trouble. Barbara, c'est une voix rare : elle parle de ce trouble sans filtre, sur ses plateformes, devant des milliers de personnes qui se reconnaissent dans ses mots. Cet épisode vient enrichir cette série de 10 épisodes d'un nouvel éclairage : chaque invité affronte ce trouble à sa manière, avec sa propre histoire, son propre âge de vie, sa propre complexité. Je raconte aussi mon histoire. Je suis borderline.

Pendant longtemps, ce mot m'a fait honte. Je l'ai caché. J'ai essayé de vivre comme s'il n'existait pas. J'ai cru qu'en me taisant, il finirait par disparaître. Il n'a jamais disparu. Le trouble borderline touche entre 1 et 3 % de la population générale, mais représente près de 20 % des patients hospitalisés en psychiatrie. On résume souvent le borderline à des "sautes d'humeur". La réalité est infiniment plus complexe. C'est vivre avec une peur permanente de l'abandon. Ressentir chaque émotion avec une intensité démesurée. C'est la déréalisation, quand le monde paraît soudain irréel. La dépersonnalisation, quand on ne se reconnaît plus soi-même. Les crises d'angoisse qui donnent l'impression de mourir. Le vide chronique. Les fluctuations émotionnelles permanentes. L'impulsivité. Les comportements autodestructeurs. Les addictions parfois. Les scarifications parfois. Les idées suicidaires, trop souvent.

Près de 75 % des personnes atteintes d'un trouble borderline feront au moins une tentative de suicide au cours de leur vie, et entre 8 et 10 % en mourront. Derrière ces chiffres, il y a des femmes, des hommes, des ado qui essaient simplement de survivre à un cerveau qui ne leur laisse jamais de répit, et ce, à chaque étape de la vie, car ce trouble ne se vit pas de la même façon à 20, 30 ou 40 ans. Et pourtant, on continue de nous coller des étiquettes : "trop sensibles", "trop intenses", "toxiques", "manipulateurs". Le trouble borderline n'est pas un trait de caractère. C'est une maladie. Une maladie avec laquelle on peut apprendre à vivre lorsque l'on est enfin entendu, accompagné et compris. J'avais besoin de créer un espace où l'on puisse parler entre personnes que l'on a trop souvent qualifiées de "folles".

Avec Barbara, nous parlons de traumatismes, d'enfance, de honte, de relations toxiques, de solitude choisie, de reconstruction et d'espoir. Elle a fait un choix différent du mien : après trop de relations destructrices, elle a fait du célibat sa voie vers la stabilité. Elle se considère aujourd'hui stabilisée, au bout d'un combat d'une intensité rare contre ce trouble dont elle parle librement, sans filtre, sur ses plateformes. Nous parlons aussi de cette question qui traverse toute cette série de 10 épisodes : peut-on se reconstruire seul, quand notre propre cerveau nous a longtemps convaincus que nous ne méritions que la tempête ? Et comment ce combat se transforme, se déplace, se réinvente selon les âges de la vie ?

Cette série de 10 épisodes vous accompagnera toute cette rentrée autour d'un sujet qui me tient profondément à cœur : la santé mentale et l'amour. J'espère qu'en donnant enfin ses lettres de noblesse au trouble borderline, je réussirai aussi à faire un pas vers la paix avec cette partie de moi que j'ai si longtemps combattue.

Merci à On.Suzane pour sa confiance. Merci à Eve, Sarah, Anouk, Camille de Cussac, Philippe et à tous les invités de cette série. Et merci à Barbara, pour sa sincérité, son courage et sa confiance. Si cet épisode permet à une seule personne de se reconnaître, de demander de l'aide ou simplement de se sentir moins seule, alors il aura déjà rempli sa mission.

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À propos du podcast

Comment aime-t-on quand on ne peut plus se nourrir ? Quand notre cerveau s'est diffracté pour survivre ? Quand on ne sait plus si ce qu'on ressent est réel, ou si c'est la maladie qui parle à notre place ? Tout l'été, on parle de santé mentale et d'amour. 10 épisodes, 10 invités qui ont accepté de…

Amour Fou par Camille Laurens

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