Le meurtre de la journaliste Amal Khalil au Liban: un crime de guerre minoré

Épisode de Chronique des médias par RFI · 8 mai 2026 · 3 min

Le journal libanais Al Akhbar porte plainte contre BFMTV, redevenue depuis mars la première chaîne d'information française, pour sa couverture du meurtre de la journaliste Amal Khalil.

Le 22 avril dernier, la journaliste du quotidien Al Akhbar, Amal Khalil, était tuée par l'armée israélienne. Sur BFMTV, le général Philippe Sidos avait alors déclaré : « Les Israéliens ont l'habitude de dire que les journalistes qui travaillent avec le Hezbollah sont des espions qui travaillent pour le Hezbollah », en précisant qu'Al Akhbar était « très très très pro-Hezbollah ». Suite à ces déclarations, le journal de Beyrouth a porté plainte à Paris pour « apologie de crime de guerre ».

Précisons que le général Sidos est un ancien chef de liaison des Casques bleus au Liban du Sud avec l'armée israélienne et qu'il a donc des contacts de ce côté. Quant au journal Al-Akhbar, c'est un journal antisioniste, anti-américain, généralement pro-Hezbollah, mais qui a montré aussi qu'il était capable de critiquer le mouvement chiite.

Ce que l'avocat du journal attaque, c'est que ce consultant « présente comme une évidence le fait que l'on puisse tuer une journaliste en raison d'une ligne éditoriale ». Or, comme l'a rappelé la Société des journalistes de BFMTV, tout comme la chaîne, qui se sont désolidarisés des propos du général, cibler un journaliste est un crime de guerre.

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Le ciblage de la journaliste avéré

On connaît bien à RSF les doubles frappes de l'armée israélienne : l'une pour bombarder, la seconde pour atteindre des secouristes. Cette fois, Amal Khalil a été tuée par trois frappes. Une première a touché une voiture devant elle, une deuxième sa voiture et une troisième, la maison où elle s'était réfugiée. Ce qui est le plus choquant, c'est qu'elle a agonisé des heures puisque l'armée israélienne a empêché les secours d'intervenir malgré un mécanisme prévu à cet effet et des alertes de RSF. Clairement, on a voulu empêcher la journaliste, qui avait déjà été menacée, de couvrir la guerre, ses crimes et ses destructions.

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Le correspondant Arthur Sarradin montre bien comment, sur une bande de 8 km après la frontière, l'armée israélienne mène un « travail d'anéantissement méthodique » d'une cinquantaine de villages, de leur mémoire, en s'attaquant aux lieux de culte, musulmans ou chrétiens.

La dernière journaliste à y être entrée était justement Amal Khalil, avec sa consœur blessée, Zeinab Faraj. Il s'agit de mettre à l'abri des regards cette « décivilisation », dit le journaliste, pour laisser libre cours à de la propagande officielle, comme celle de l'ambassadeur d'Israël à Paris, Joshua Zarka, très souvent invité sur les antennes. Pour lui, « aucun couvent n'est détruit à Yaroun, les mesures sont prises pour ne causer aucun dommage à tout bâtiment religieux ». Les images satellites disent pourtant le contraire.

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