À la Une: le témoignage d'un journaliste palestinien dans «Orient XXI»

Épisode de Revue de presse des hebdomadaires français par RFI · 24 mai 2026 · 5 min

Il s’appelle Rami Abou Jamous et il écrit régulièrement un journal de bord pour Orient XXI. Dans sa dernière collaboration, explique le journal en ligne consacré au monde arabe et musulman, Rami Abou Jamous « dénonce la stratégie de l’armée israélienne consistant à bombarder des immeubles résidentiels pour assassiner une personne, maximisant ainsi le nombre de victimes civiles, ainsi que sa normalisation dans les esprits occidentaux ».

Le journaliste explique ainsi que le 15 mai dernier, « lorsque les Israéliens ont assassiné le commandant des brigades Ezzedine-Al-Qassam, la branche armée du Hamas, ils ont bombardé un immeuble résidentiel de 5 étages. » « Tuer 200 personnes parce qu’il y a un homme du Hamas dans le bâtiment, est-ce "compréhensible" ? » demande Rami Abou Jamous.

Il raconte sa conversation avec une amie, qui accuse cet homme du Hamas d’avoir mis des dizaines de personnes en danger. « En tant que journaliste, répond Rami Abou Jamous, je suis une cible. Et malgré cela, j’habite avec ma femme et mes enfants. Alors, selon toi, je suis coupable de vivre avec eux ? » « Non », lui répond son amie. « On ne peut pas comparer. Combattant et journaliste, ce n’est pas la même chose ». « Mais si », répond Rami Abou Jamous, « pour les Israéliens, c’est la même chose ». « Je sais que je suis sans doute condamné à mort », ajoute-t-il encore.

« Elle sort de son couloir de nage »

Les critiques accablent Ursula von der Leyen. « Celle que les Européens aiment détester », titre l’Express, qui fait sa Une avec un portrait d’Ursula von der Leyen et nous promet une « enquête sur la puissante présidente de la Commission européenne », « une présidente sans limites », accuse l’hebdomadaire, citant les déclarations « en coulisses » « de dirigeants et diplomates européens », selon lesquels Ursula von der Leyen « sort de son couloir de nage », « déborde les contours du coloriage ».

Que lui reprochent-ils exactement ? De se comporter comme un chef d’État. « Elle agit comme si elle en était un, mais n’en a que les attributs protocolaires », remarque l’Express. « Elle est exposée politiquement sans avoir la légitimité d’un exécutif normal ni le mandat pour conduire la politique étrangère et de défense de l’Union [...] Plusieurs élus l’ont rappelée à l’ordre : "Qui êtes-vous pour décider seule de la position diplomatique de l’Union européenne ?" » Critique reprise par Michel Barnier, l’ex-négociateur du Brexit : « Tout le monde voit bien à Bruxelles que sa gestion est très solitaire à un moment où l’Europe a tant besoin de collégialité ».

La vie après le Brexit

C'est le dixième anniversaire du Brexit. Et il n’y a pas de quoi faire la fête si l’on en croit Le Point qui titre en Une : « Brexit, la gueule de bois. » Et l’on retrouve Michel Barnier, signataire d’une tribune sans ménagement : « Dix ans après le référendum sur le Brexit, dit-il, une vérité s’impose : contrairement aux promesses de ses promoteurs, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne n’a ni restauré la prospérité britannique, ni permis un meilleur contrôle des frontières, ni renforcé la souveraineté du pays […] Aucun pays européen ne retrouvera seul sa souveraineté, dans le monde tel qu’il vient ».

À quoi ressemble la vie, dix ans après le Brexit ? Le Point a choisi d’aller à Birmingham, la deuxième ville du pays qui, nous dit-il, « affronte une crise identitaire ». « À Sparkhill, quartier au sud de Birmingham [...] des femmes en burqa déambulent dans des artères bordées de bâtisses en brique rouge. Des commerces vendent des abayas et autres "biens islamiques" ». « Il souffle un vent mauvais à Birmingham, comme dans tout le royaume, en plein malaise identitaire », assure Le Point.

« Le scandale des OQTF »

Et en France, qu’en est-il ? Le Nouvel Obs livre un point de vue différent sur l’immigration, s’inquiétant de ce qu’il appelle « le scandale des OQTF ». OQTF, comme « obligation de quitter le territoire français ». Pour développer son point de vue, l’hebdomadaire prend l’exemple de Souleymane, jeune ivoirien « qui vit en France depuis dix ans. Il a des diplômes et un CDI, un contrat à durée indéterminée, il est inséré socialement, professionnellement ».

Arrivé en France avec un visa touristique, « il a accompli les démarches pour obtenir son titre de séjour. En vain, car il est frappé d’une OQTF. » « Une absurdité française », accuse le Nouvel Obs, car nous dit-il, « loin de se concentrer sur les cas de délinquants étrangers dont le sigle OQTF a fini par devenir le sinistre synonyme [...] l'inflation des expulsions prononcées touche en réalité de plus en plus de gens qui, comme Souleymane, travaillent en France ». Pour Le Nouvel Obs, pas de doute : « Il est grand temps, à un an de l'élection présidentielle », « de poser ces questions » liées à l'immigration du travail, et « d'y répondre ».

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Les opinions, les points de vue et les avis souvent divergents des éditorialistes et des commentateurs sur l'actualité française et internationale dans les hebdomadaires français. Une revue de presse présentée chaque dimanche par Catherine Potet.

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