Copier-merder : ce moment où on croit savoir… et où on se plante

Épisode de Chères Erreurs par Cécile Guinnebault · 5 mars 2026 · 27 min

Emmanuelle Piquet est systémicienne, fondatrice de l'école et des centres A 180 degrés / Chagrin scolaire. Ancienne DRH devenue thérapeute, elle est aujourd’hui formatrice, superviseure et autrice de nombreux ouvrages. Son travail a largement contribué à rendre l’approche de Palo Alto à la fois concrète, stratégique et particulièrement efficace pour traiter les difficultés relationnelles — notamment celles liées au harcèlement scolaire et aux souffrances qu’il génère.

Dans cet épisode, nous revenons ensemble, sur des erreurs qui ont profondément fait évoluer nos pratiques respectives de thérapeute et de coach.

Au fil de la conversation, plusieurs enseignements émergent.

1) Un symptôme ne raconte jamais toute l’histoire.

Derrière des termes comme bégaiement, phobie scolaire ou harcèlement se cachent des réalités très différentes. Deux situations qui se ressemblent en apparence peuvent nécessiter des approches totalement opposées. Tout l’enjeu consiste donc à mener l’enquête avec précision : quand le problème survient-il ? avec qui ? dans quelles circonstances et avec quelle intensité ?

2) Le piège le plus courant : choisir l’outil avant d’avoir compris la situation.

Je raconte dans l’épisode mon “erreur CODEV” : j’avais décidé de la méthode avant même d’avoir rencontré l’équipe. Résultat : incompréhension et blocage. Ce n’est qu’en écoutant ce qui se jouait réellement que la situation s’est débloquée. La leçon est claire : on n’impose pas un outil à une situation, on construit l’intervention à partir de la réalité du terrain.

3) Se méfier des solutions qui arrivent trop vite.

Quand une idée d’intervention surgit immédiatement — “ah, je sais ce qu’il faut faire” — mieux vaut la noter… puis poursuivre l’exploration avant d’y revenir. Sinon, on risque de tomber dans ce qu’Emmanuelle appelle le “copier-merder” : appliquer un protocole déjà utilisé ailleurs sans vérifier s’il est réellement pertinent.

4) L’humilité est une compétence professionnelle.

Dans les métiers de l’accompagnement, il ne s’agit pas d’une posture morale mais d’une discipline : accepter de confronter sa pratique aux résultats, aux retours des clients et au regard des pairs. L’intuition ne suffit pas ; compter sur la chance non plus.

5) Le collectif protège des angles morts.

Savoir reconnaître qu’on n’a pas trouvé la bonne porte d’entrée et orienter vers un collègue plus pertinent fait aussi partie du métier. Ce n’est pas une défausse : c’est une responsabilité envers les personnes accompagnées.

6) Les erreurs sont un formidable levier d’apprentissage.

Les partager, analyser ce qui n’a pas fonctionné et regarder les retours des clients en face permet de faire progresser les pratiques — et de construire des équipes à la fois exigeantes et humbles.

Si vous travaillez dans l’accompagnement — en thérapie, en coaching, en management ou en RH — cet épisode est une invitation à ralentir, questionner davantage… et accepter que nos erreurs soient parfois nos meilleures enseignantes.

Retrouvez Emmanuelle sur LinkedIn https://www.linkedin.com/in/emmanuelle-piquet/

Visitez le site de A 180 degrés / Chagrin Scolaire : https://a180degres.com

Crédit photo : Maxime Massa

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À propos du podcast

Et si l'apprentissage se faisait grâce à nos erreurs et non pas malgré elles ? Dans Chères Erreurs, Cécile Guinnebault, coach et superviseure, explore la puissance transformatrice de nos ratés. Ce podcast prolonge la newsletter du même nom et le livre Chères Erreurs : 40 chroniques pour…

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