Au Gabon, les femmes de Nkokloa cultivent leurs champs avec l'OIF
Épisode de L'Afrique en marche par RFI · 23 septembre 2026 · 4 min
Soutenir des initiatives locales pour améliorer durablement les conditions de vie des femmes est la philosophie du fonds de l’Organisation internationale pour la francophonie (OIF) baptisé « La Francophonie avec Elles ». Ainsi au Gabon quatre projets sont soutenus à hauteur de 300 000 euros pour près de 250 femmes, axés sur l’agriculture durable et l’entrepreneuriat avec des moyens concrets en formations, matériel et accompagnement d’ONG locales.
Au Gabon, entre le champ et la coopérative, Béatrice et ses camarades agricultrices ne manquent pas d'ouvrage dans la région de Bitam, au nord du pays. Avec une trentaine d'autres paysannes, elles cultivent plus et mieux leur manioc et leurs bananes plantains depuis que l'OIF leur est venue en aide avec un fonds spécialement conçu pour elles.
« C'est un programme d'autonomisation économique des femmes, explique Michèle Balourd-Quidal, cheffe de l'unité égalité femmes-hommes à l'Organisation internationale de la Francophonie à Paris. Elles ont souvent des activités déjà informelles, mais elles n'ont pas forcément les moyens financiers, l'accès aux opportunités économiques notamment, comme l'accès à la terre pour pouvoir développer leurs propres activités et tirer un revenu. Donc le fonds "La francophonie avec Elles", depuis 2020, entre 2020 et 2025, c'est 354 projets qui ont été soutenus dans 36 pays bénéficiaires, pour un total de 20 millions d'euros. Et cela concerne plus de 99 000 femmes dans l'espace francophone. En Afrique centrale, "La francophonie avec Elles", c'est 80 projets bénéficiaires, 19 000 femmes bénéficiaires, cinq millions qui sont affectés au projet et dans les secteurs d'activité, l'agriculture pour 44 %, la transformation de produits à 38 %, les biens et services à 18 %. »
Cadette. Gladys et Béatrice, du groupement de femmes du village de Nkokloa, sont ravies d'avoir pu bénéficier de ce programme. Gladys a 29 ans. Elle est mère de quatre enfants. Ex-commerçante, elle s'est formée avec une ONG locale à la science de la culture, du manioc et du plantain.
« Maintenant, avec l'argent de la récolte, je peux inscrire mes enfants à l'école »
« C'est quand l'OIF est venue avec le projet que j'ai commencé à cultiver. Avant, on avait l'habitude de planter à la façon du village. J'aidais ma mère dans ses champs, donc à la façon du village. C'est grâce au projet que j'ai plus appris comment il faut faire ça techniquement. Mais maintenant, je sais déjà que quand je plante les boutures, je dois prendre un mètre d'écart. Maintenant, je connais déjà comment multiplier les rejets de bananes : avec un seul rejet de banane vont sortir plusieurs plants. Du coup, on a plus de plants à planter. Cela a beaucoup changé parce qu'avant l'arrivée de l'OIF, quelqu'un comme moi ne pouvait pas inscrire ses enfants à l'école. Mais maintenant, avec l'argent que je récolte du champ, j'ai déjà de l'argent pour inscrire mes enfants à l'école. On paye quand même 2 000 à l'inscription. On paye la tenue, les fournitures aussi. Les fournitures sont chères ici et les livres aussi. C'est pas du gâteau ! »
Le groupement de femmes de Nkokloa cultive dix hectares de champs. Béatrice et ses camarades ont bénéficié de conseils techniques ainsi que de dons en matériel.
« On avait toujours dans nos champs le manioc, tout le temps en train de pourrir. Donc, avec l'appui de l'OIF et l'étude qu'ils ont eu à nous faire, c'est plus beau et gros aussi. Tu vois les gros tubercules, quand on arrache, tu vois le manioc. On nous a apporté les outils de travail, les bottes, les brouettes, les pioches, les daba, les machettes ou les arrosoirs. »
Le fond de l'OIF « Francophonie avec Elles » est soutenu par différents partenaires donateurs, parmi lesquels le groupe TotalÉnergies. Les appels à projets pour bénéficier du soutien financier et technique se font chaque année au mois de janvier.
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À propos du podcast
L'Afrique positive sur RFI pour découvrir et mettre en valeur des initiatives gagnantes du continent. Une entreprise innovante, une idée qui mérite d'être relayée, un projet auquel nous pouvons donner un coup de pouce... Chaque semaine, nous ferons un focus sur l'Afrique qui marche et qui donne…
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