Cameroun: à Maroua, les lavandiers font concurrence aux pressings

Épisode de Reportage Afrique par RFI · 14 octobre 2026 · 2 min

Au Cameroun, à Maroua, dans la région de l’Extrême-Nord voisine du Tchad et du Nigeria, la saison des pluies vit ses dernières semaines. C'est une période propice pour les lavandiers qu'on voit s'installer dans les cours d’eau saisonniers qui traversent la ville. Ce secteur informel menace même l'activité des pressings car désormais, certains lavandiers remettent à leurs clients des vêtements repassés et soigneusement emballés dans un plastique.

De notre correspondant de retour de Maroua,

Plonger les habits dans l’eau, les frotter contre la pierre, puis les étendre au soleil pour les repasser plus tard. A Maroua, Kaïdama répète ces gestes depuis dix ans. Ce matin encore, il s’est installé sur un bras du Mayo Kaliao, au lieu-dit Baoliwol, dans cette région de l'Extrême-Nord du Cameroun. Devant lui, près d’une centaine de vêtements à laver. « Quand j’ai commencé, mes clients disaient autour d’eux que je lavais bien, que je repassais bien, explique-t-il. Parfois, je travaille ici jusqu’à 18 h, voire 20 h. Tout le monde me sollicite, même les femmes viennent me donner des habits à laver. »

Pour 200 francs CFA, environ 30 centimes d’euro, le vêtement est lavé et repassé. À quelques mètres, Jean, une vingtaine d’années, vient d’arriver. Il commence à 7 h du matin, repart quatre heures plus tard, puis revient dans l’après-midi et achève sa journée autour de 19 h. Il gagne entre 20 000 et 30 000 francs CFA par mois. Mais travailler dans les cours d’eau n’est pas sans danger. « Il peut arriver que dans le Mayo, les eaux nous surprennent pendant qu'on lave les habits, et on peut être emporté, témoigne-t-il. Et parfois, quand on sèche les habits et que la pluie tombe, le Mayo emporte aussi les vêtements. On nous demande alors de les remplacer et de les rembourser. » Jean a perdu récemment plus d’une cinquantaine de vêtements emportés par la rivière, confie-t-il.

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Une activité qui s'enracine

Malgré les risques, ils sont nombreux à venir ici. Des hommes, mais aussi de jeunes femmes issues de familles modestes, à l’instar d’Aïcha, à peine âgée de 16 ans : « Je lave les habits ici, je lave à la bassine à 500 francs CFA, ou alors un vêtement à 100 francs CFA. »

Et pour certains habitants, le recours aux lavandiers est devenu une habitude, même pour ceux qui disposent de ressources financières confortables. Maurice est employé d’un organisme international. « J'ai mon blanchisseur particulier. Il vient même chercher les habits à la maison, se réjouit-il. Je n’ai jamais eu de problème de vol ou de perte. Mes habits sont bien repassés. Pour moi, c’est l’option la plus facile. »

Depuis, l’activité continue de s’enraciner. Les clients apprécient surtout la rapidité des lavandiers : les vêtements sont généralement lavés et rendus le jour même.

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