Guillaume Bigot : «La première chose à faire, c’est rétablir l’ordre»

Épisode de L'Atelier politique par RFI · 10 octobre 2026 · 39 min

Alors que le blocage des lycées et des universités prend de l’ampleur, le député Rassemblement National du Territoire de Belfort Guillaume Bigot livre sa lecture du mouvement. Invité de l’Atelier politique, l’élu aborde aussi les accusations visant Jordan Bardella, la crise iranienne et le plan d’économies de son parti. Il répond aux questions de Frédéric Rivière.

Mai 68 ? « Les données du problème étaient très différentes »

Interrogé sur le parallèle avec Mai 68, Guillaume Bigot l’écarte. À l’époque, la croissance était forte, les étudiants privilégiés et une doctrine structurait la révolte.

Aujourd’hui, la France « se paupérise massivement ». Les parents pensaient que leurs enfants vivraient mieux qu’eux. « C’est une certitude que leurs enfants vivront moins bien pour l’instant », affirme-t-il.

Il décrit un mélange idéologique, entre nostalgie de la Terreur, culture insurrectionnelle de Jean-Luc Mélenchon, islamisme, wokisme et écologisme extrême : « un gloubi-boulga idéologique », devenu « un précipité assez violent ».

Relancé sur les propos de Donald Trump, qui impute les troubles à l’immigration et à l’islam, il se démarque : « Ses avis sur ce qui se passe en France, il peut les garder. » Il y voit pourtant une composante du malaise, tout en convenant que le mouvement « ne se réduit ni à l’immigration, ni à l’islamisme ».

Violence et ordre public : « la séquence suivante est pire »

Un sondage donne 62% de soutien au mouvement. Guillaume Bigot en cite un autre, à 67%. Il y lit un malaise réel dans l’Éducation nationale, avec une « démonétisation des diplômes », mais aussi une condamnation massive de la violence.

Proviseur aspergé d’essence, établissements incendiés, 700 membres des forces de l’ordre blessés selon lui : « La première chose à faire, c’est rétablir l’ordre. » Il juge le gouvernement, et plus largement « un système démagogique », hors d’état d’y parvenir. Et prévient : « à chaque fois la séquence suivante est pire ».

Il accuse La France insoumise d’un « flirt avec la violence » : « On met le feu d’abord et ensuite on feint de l’éteindre. » Jean-Luc Mélenchon y verrait un « moment insurrectionnel » et, si le calme revient, « une sorte de bande-annonce » en vue de la présidentielle.

Affaire Bardella : « Les innocents se défendent très mal »

Mediapart a publié des révélations sur des propos antisémites qu’aurait tenus Jordan Bardella à 16 ou 17 ans. Le président du Rassemblement national a saisi la justice et conteste ces accusations.

Guillaume Bigot invoque la présomption d’innocence et dit n’avoir aucun doute. Il estime qu’on ne peut prouver que Jordan Bardella soit l’auteur de ces messages et met en cause l’objectivité de Mediapart, qu’il juge « ultra militant ».

Relancé sur son ancien assistant parlementaire, écarté après la ressortie de messages controversés, il explique l’avoir averti qu’une récidive entraînerait son départ immédiat. Pour lui, le RN a fait son ménage : « Les innocents se défendent très mal. »

Iran : la France en « honnête broker » ?

Le détroit d’Ormuz a, selon Guillaume Bigot, « toujours été sous contrôle iranien ». L’opération israélo-américaine, juge-t-il, a échoué pour l’instant, et la négociation devient inévitable : « C’est mathématique. »

Il estime que Téhéran peut voir dans l’arme nucléaire sa « seule assurance vie ». Pour y répondre, il souhaite que la France joue le rôle de Bismarck au congrès de Berlin, celui d’intermédiaire, sans devenir partie prenante.

Budget : 140 milliards d’économies

Marine Le Pen annonce 140 milliards d’euros d’économies sur cinq ans et une règle d’or constitutionnelle. Des économistes doutent qu’on puisse à la fois réduire la dépense et baisser les impôts.

Ancien chef d’entreprise, Guillaume Bigot reconnaît « une matière très complexe » : les collectivités et le secteur social échappent à la main de l’État, et les coupes réduisent aussi les recettes. L’objectif reste de ramener le déficit de 5% à 3% en cinq ans. Son mot d’ordre : « stopper la saignée budgétaire ».

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À propos du podcast

« Gouverner, c'est prévoir ; et ne rien prévoir, c'est courir à sa perte », dit une maxime bien connue. Même si cette expression est parfois galvaudée, tentons de nous intéresser à la politique au sens noble du terme. L’ambition de cette émission est donc de réfléchir à ce que la France et le…

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