À la Une: l’accord Trump-Poutine sur le diesel, chaos et confusion

Épisode de Revue de presse internationale par RFI · 12 octobre 2026 · 4 min

« Jusqu’ici, l’ambiguïté permettait de sauver les apparences, pointe Le Figaro à Paris. Tout en asséchant l’aide directe à l’Ukraine, Donald Trump vendait des armes aux Européens destinées à Kiev, continuait à partager du renseignement militaire et, pas plus tard que le mois dernier, signait une loi renforçant les sanctions économiques contre la Russie. Pour l’équivalent d’une (seule) journée de consommation mondiale de gazole, il vient d’opérer un virage stratégique à 180 degrés. La suspension des sanctions sur les exportations russes d’hydrocarbures permettra de financer la machine de guerre de Vladimir Poutine sans aucune contrepartie de sa part. Cela marquera peut-être, estime Le Figaro, un tournant dans le conflit, qui redouble d’intensité à l’amorce de son cinquième hiver. C’est assurément un tournant géopolitique majeur pour les États-Unis, qui ne s’étaient jamais aplatis de la sorte devant l’impérialisme russe ».

Poutine peut se frotter les mains…

« Lever les sanctions sur le diesel russe relève d’une mise en scène politique irresponsable », renchérit le Times à Londres. « L’accord de Trump pose trois problèmes majeurs, pointe le quotidien britannique. Premièrement, il constitue un grave échec moral. Il est inutile de rappeler que l’Ukraine est victime de l’un des actes d’agression les plus odieux commis par un État souverain au cours de ce siècle. (…) Deuxièmement, il est peu probable que cet accord aboutisse. Selon le ministère de la Défense ukrainien, les frappes ukrainiennes ont mis hors service plus de la moitié des capacités de raffinage de pétrole russes, ce qui remet en question la capacité de Poutine à tenir ses engagements. (…) Troisièmement, estime encore le Times, cet accord engendre des tensions diplomatiques inutiles. Trump a déclaré qu'il était "temps pour l’Ukraine d’avoir un nouveau président" ; Zelensky a rétorqué qu’il organiserait volontiers des élections si Poutine acceptait un cessez-le-feu total de 60 jours. Et l’annonce par Trump d’un cessez-le-feu "convenu", aussitôt démenti par Kiev, a exacerbé le climat de chaos et de confusion ».

En résumé, « Trump transforme la victime en bourreau, assouplit les sanctions contre la Russie et suggère à l’Ukraine de se trouver un autre chef d’État. Quelle joie pour le président du Kremlin ! » Un commentaire désabusé à lire dans le Süddeutsche Zeitung à Munich. En effet, pointe le quotidien allemand, cet accord a tout pour réjouir Poutine : « il peut constater avec une grande satisfaction que Trump non seulement a largement transféré l’aide occidentale à l’Ukraine aux Européens, mais aussi que désormais il la compromet en faisant affaire avec lui. »

France : Raphaël Glucksmann candidat de la gauche non-mélenchoniste à la présidentielle

À la Une également, en France, la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire socialiste.

« Ce sera donc Raphaël Glucksmann qui représentera la gauche non mélenchoniste à la présidentielle », relève Libération. « Avec son "plus jamais LFI", l’eurodéputé espère convaincre les électeurs de gauche et du centre qu’il est capable, lui et non Édouard Philippe, d’empêcher un duel Mélenchon-Le Pen au second tour. Pour gagner ce pari, il doit convaincre les électeurs de gauche un temps séduits par Emmanuel Macron de revenir vers leur famille initiale, vantant une gauche qu’il présente comme non hystérisante, non poutinienne et surtout très européenne ».

« Raphaël Glucksmann au défi de mettre la famille sociale-démocrate en ordre de bataille », pointe Le Monde. « Le coprésident de Place publique a revendiqué hier la "rupture avec le macronisme" et la fin de "l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche", tout en assurant que le principal adversaire restait "l’extrême droite" ».

Mais, pour lui, « le plus dur est à venir », commente Le Soir à Bruxelles. « Vainqueur dès le premier tour de la primaire, Raphaël Glucksmann peut espérer un petit coup de boost dans les intentions de vote. Mais un homme l’attend déjà au tournant, relève le quotidien belge. L’ancien président François Hollande, qui l’a félicité, est convaincu que Raphaël Glucksmann, qui n’est ni un professionnel de la politique ni un champion de la tactique, ne tiendra pas la route et s’effondrera en chemin. Il se ferait alors un plaisir de se proposer en recours pour tenter de regagner le palais de l’Élysée qu’il avait dû quitter il y a dix ans, trahi par son ancien protégé, Emmanuel Macron ».

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À propos du podcast

Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet.

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