À la Une: après les violences du week-end dernier en France, la foire d’empoigne des politiques
Épisode de Revue de presse internationale par RFI · 21 octobre 2026 · 4 min
Le ton est monté mardi à l’Assemblée. L’exécutif, comme les partis du bloc central, de droite et d’extrême droite, accuse LFI, parti d’extrême gauche, d’attiser les violences, tandis que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon dénonce « l’amateurisme » et les « manipulations » du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Des échanges musclés qui suscitent des réactions plutôt contrastées dans la presse française.
Ainsi, pour Le Figaro, « LFI, La France insoumise, a un incroyable culot. Depuis le premier lycée bloqué, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon allume toutes les mèches de la contestation sociale, agglomère autour de lui l’ultragauche et les pilleurs des cités avec l’objectif affiché de produire une pyrotechnie révolutionnaire à rendre Robespierre un peu plus pâle encore. Et puis, tempête le quotidien de droite, après le carnage, quand la France n’est plus qu’un tas de gravats, LFI passe sans transition de Lénine à la chanteuse Alizée, sur l’air de " c’est pas ma faute à moi" ».
Jeu dangereux ?
Non, rétorque Libération, c’est « l’exécutif qui joue un jeu dangereux à six mois de la présidentielle, en focalisant l’attention sur les casseurs et La France insoumise pour faire oublier sa faillite sécuritaire le 17 octobre. (…) On peut penser ce qu’on veut de Jean-Luc Mélenchon, et pas toujours du bien quand on se réfère à sa façon d’hystériser le débat ou ses positions sur la guerre en Ukraine, mais le tenir pour seul responsable du chaos ambiant est indigne, s’insurge Libération. À six mois d’une échéance électorale majeure, LFI a bien sûr surfé sur la colère des jeunes. Mais accuser le parti d’être à la source de l’immense pétaudière qu’est devenu le pays n’est pas sérieux ».
Funeste surenchère ?
Pour sa part, Le Monde pointe du doigt le gouvernement : « il est comptable du fiasco du maintien de l’ordre, martèle le quotidien du soir. Les violences qui ont accompagné les manifestations, samedi, résultent d’un défaut d’anticipation et d’analyse de sa part, et d’une doctrine sécuritaire inadaptée à la situation. (…) Les seules annonces concrètes restent de nature répressive – loi "casseurs-payeurs", interdiction de rassemblements, couvre-feu, allongement des durées de garde à vue. Cette stratégie conforte la radicalité des extrêmes du champ politique au lieu de s’efforcer de les neutraliser. C’est le très grand péril de la période qui s’ouvre, déplore encore Le Monde. En ajoutant l’inefficacité du 17 octobre à des années de durcissement du maintien de l’ordre, le gouvernement a exposé le pays à une funeste surenchère : toujours plus de force, toujours moins de mesure et de contrôle dans son usage ».
Un boulevard pour Le Pen…
Le Temps à Genève s’interroge : « À six mois du premier tour, comment les événements du 17 octobre peuvent-ils influencer les rapports de force pour la présidentielle française ? » Réponse du quotidien suisse : « les scènes de pillages pourraient renforcer une demande d’ordre déjà forte dans le pays. Une équation politique qui a de quoi bénéficier à Marine Le Pen, qui cherche à incarner le parti de l’ordre ».
Le Guardian à Londres renchérit : « Après les violences et le chaos en France, il n’y a qu’une seule bénéficiaire : Marine Le Pen ».
Lutte des classes générationnelle !
« Un État qui décourage sa jeunesse est un endroit où il ne fait bon vivre pour personne » : c’est le titre d’une longue analyse à lire dans le Süddeutsche Zeitung à Munich. « Ce n’est pas un phénomène propre à la France, relève le quotidien allemand. La colère de la jeunesse se propage à travers l’Europe comme une traînée de poudre. Face à cette violence effroyable, il est presque facile d’oublier que nombre de leurs préoccupations sont légitimes. Il ne faut pas laisser aux partis extrémistes le soin de trouver des solutions ».
Enfin, la Repubblica à Rome souligne le décalage démographique qui affecte toute l’Europe : de plus en plus de vieux et de moins en moins de jeunes… « La majorité des ressources sont allouées aux tranches d’âge les plus élevées, pointe le quotidien italien. Le rapport de force politique leur est favorable et l’argent va aux retraites, au détriment de l’éducation, de la formation et du logement, des secteurs essentiels pour les jeunes générations. Autrement dit, conclut la Repubblica, nous assistons à une lutte des classes générationnelle acharnée. Ce seul fait explique en partie pourquoi la jeunesse italienne, comme celle d’autres pays européens, est si démunie et déprimée ».
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À propos du podcast
Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet.
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