À la Une: la colère sociale gagne l’Europe

Épisode de Revue de presse internationale par RFI · 20 octobre 2026 · 4 min

« Coût de la vie, conditions d’études, logement… Liés ou non aux manifestations françaises, les rassemblements se multiplient à travers le continent et virent parfois aux affrontements » : c’est ce que constate notamment Libération à Paris.

« En Italie, la vie chère au centre de la révolte » ; « en Belgique, les lycéens en toile de fond » ; « en Albanie, sixième jour de colère des étudiants » ; « en Allemagne, une contestation à bas bruit dans les établissements scolaires » ; et « en Grèce, au Portugal et en Espagne, l’éducation et le logement dans tous les esprits. »

« Il n’y a pas qu’en France que le coût de la vie mobilise et que les citoyens s’inquiètent des conséquences de la hausse du prix de l’énergie, relève également Le Monde, d’autant que dans les prochains mois, des élections à haut risque politique, sur fond de montée de l’extrême droite, sont prévues en Espagne, en France, en Italie, en Pologne et en Grèce. Lors de leur réunion à Bruxelles, la semaine dernière, les chefs d’État et de gouvernement européens ont d’ailleurs longuement débattu de la manière de faire baisser la facture de leurs concitoyens, ayant tous en tête le mouvement des "gilets jaunes" qui avait embrasé la France, à l’automne 2018 ».

Pauvres manifestants…

Car, ces derniers jours, en France mais aussi en Belgique ou en Italie, on n’a pas assisté à une convergence des luttes, mais, relève Le Soir à Bruxelles, à une « convergence des agents du désordre. (…) Pauvres lycéens, pauvres manifestants de bonne foi, soupire le journal, dont le mouvement a été sali par des casseurs qui n’ont que faire de leur combat. Les manifestants belges, à Bruxelles comme à Liège, ont été victimes du même phénomène, les violences occultant leurs revendications. En France, aux militants de l’ultra-gauche se sont joints des pilleurs. Dans leur ligne de mire : des lieux de pouvoir ou… des consoles de jeux ».

Et Le Soir de constater que « la France s’est appauvrie. Au bord de la crise financière, elle s’enfonce dans un syndrome du déclin. Les partis politiques de gouvernement ne s’en sont jamais remis, favorisant l’émergence de deux forces radicales qui polarisent le pays à l’extrême. Dans six mois, si tout continue comme ça, prévient le quotidien belge, il est à craindre que la France écope de la double peine : l’extrême droite au pouvoir et, dans la foulée, le chaos ».

Un avant-goût ?

En effet, relève le Guardian à Londres, « les derniers sondages indiquent que l’avance considérable de l’extrême droite se creuse à l’approche de la présidentielle. Parallèlement, le leader de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, continue de devancer ses rivaux progressistes, même si les chiffres suggèrent qu’il serait largement battu au second tour par Marine Le Pen. Dans un climat de plus en plus tendu, la France se dirige vers une crise majeure en mai. De façon alarmante, les violences civiles observées ce week-end ne sont peut-être qu’un avant-goût de ce qui nous attend ».

Et en attendant, déplore Le Temps à Genève, « l’Assemblée nationale sans majorité même relative, et le paysage politique français plus largement, est actuellement incapable de construire le moindre consensus sur les questions polarisantes. Les partis sont chauffés à blanc par la campagne présidentielle en cours et ne cherchent qu’à affirmer sans mesure ce qui les distingue pour mobiliser au maximum leur électorat. Préférant surfer sur l’émotion du moment que de trouver une issue nécessairement complexe ».

Obligation de résultat

Et on revient au Monde qui estime dans son éditorial qu’« Emmanuel Macron ne doit pas répéter les mêmes erreurs que par le passé. Le rétablissement de l’ordre républicain est un préalable indispensable pour entamer les discussions promises avant-hier avec l’ensemble des acteurs, et ainsi reprendre le fil d’un dialogue social rompu depuis trop longtemps. Mais il y a, cette fois, une obligation de résultat, tonne Le Monde. Écouter et respecter ses interlocuteurs d’abord, mais surtout apporter une réponse politique concrète à leurs différentes revendications. L’exécutif ne peut plus se permettre d’émettre une nouvelle fin de non-recevoir. La paix sociale ne pourra se reconstituer qu’à cette condition ».

Enfin, vu des États-Unis, cette remarque du Wall Street Journal : « la France traverse une crise démocratique violente et la situation risque fort de s’aggraver. Mais il ne faut pas croire que cela soit impossible aux États-Unis, compte tenu du contexte politique actuel ».

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À propos du podcast

Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet.

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