🧵 En avril, la paix tient à un fil
Épisode de What DAF'ck par Widoowin Cross Asset Solutions · 24 avril 2026 · 5 min
Cette semaine, la paralysie du détroit d'Ormuz s'inscrit dans la durée et ses effets inflationnistes se diffusent rapidement, mettant les banques centrales dans une position particulièrement inconfortable à l'approche de leurs prochaines réunions.
🇺🇸 États-Unis
Aux États-Unis, Washington maintient son blocus naval autour du détroit d’Ormuz, malgré la prolongation de la trêve au Moyen-Orient. Cette situation continue d'exercer une pression sur les prix du pétrole, qui évoluent toujours à des niveaux historiquement élevés. Parallèlement, l'inflation avait déjà donné un signal d'alerte en mars, avec une accélération des prix à la consommation à 3,30% en rythme annuel, soit ses plus hauts niveaux depuis plus de deux ans. Une inflation persistante pourrait s'installer dans les semaines à venir, appelant ainsi une politique monétaire plus restrictive.
Par ailleurs, la nomination de Kevin Warsh pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale anime les débats. Ancien gouverneur de la Fed et proche de Donald Trump, il a comparu cette semaine devant le Sénat, où il a défendu son indépendance vis-à-vis de la Maison-Blanche. Plusieurs économistes estiment qu'il a récemment adopté un discours favorable aux baisses de taux uniquement pour séduire le président et décrocher la nomination, lui qui était réputé bien plus hawkish lors de son précédent mandat. Il pourrait se retrouver pris en étau, devant à la fois répondre aux exigences de la Maison Blanche qui réclame des baisses de taux, et préserver la crédibilité de la Fed. Quoi qu'il en soit, assouplir la politique monétaire s'annonce particulièrement délicat, alors que l'inflation dépasse toujours la cible des 2,00% et que la guerre en Iran fait peser un risque de stagflation sur l'économie.
🇪🇺 Europe
En Allemagne, les prix à la production accélèrent à 2,50% en rythme annuel après un repli de 0,50% le mois précédent. Dans la même lignée, l’indice des prix à la consommation publiée la semaine dernière ressort à 2,60%, sous l'effet de la flambée des coûts énergétiques liée au conflit au Moyen-Orient. Devant le FMI, Christine Lagarde a averti que l'inflation pourrait progresser encore plus vite que prévu, les risques étant orientés à la hausse à moyen terme. Les banques centrales pourraient se voir contraintes d'adopter une posture plus restrictive, pour ne pas reproduire l'erreur de 2022 où une réaction trop tardive avait laissé l'inflation s'emballer.
Au Royaume-Uni, l'inflation a également accéléré en mars pour atteindre 3,30% en rythme annuel, portée par la hausse des prix du carburant après le déclenchement de la guerre en Iran. Avant cette escalade, le marché anticipait un abaissement du taux directeur de la Banque d'Angleterre, alors que l'inflation semblait se rapprocher de l'objectif officiel de 2,00%. Désormais attendue autour de 4,00% dans les prochains mois, la trajectoire des prix place la Bank of England face à une décision particulièrement délicate lors de sa réunion prévue la semaine prochaine.
🇨🇳🇯🇵 Asie
En Asie, la Banque populaire de Chine a maintenu ses taux d'intérêt inchangés pour la onzième fois consécutive. La croissance du premier trimestre ressort à 5,00% en rythme annuel, plaçant Pékin dans le haut de sa fourchette cible, tandis que les prix à la production ont progressé pour la première fois en trois ans, signe d'une sortie progressive de la déflation. Toutefois, ce statu quo reflète aussi les fragilités d'une économie dépendante de ses exportations, qui pourraient être pénalisées par la hausse des prix du pétrole.
🛢️ Matières premières
Du côté géopolitique, les tensions persistent entre Washington et Téhéran, après que l'Iran a fait machine arrière sur la réouverture du détroit d'Ormuz, écartant ainsi toute perspective d'accord à court terme. Ce climat d'incertitude entretient la pression sur les cours du pétrole, avec un Brent qui oscille actuellement autour des 100 dollars le baril.
C'est précisément dans ce contexte de prix élevés que la Russie tire profit du conflit. Ses revenus issus des exportations de combustibles fossiles ont bondi de 52% par rapport au mois précédent. En effet, privée de pétrole iranien, la Chine se tourne désormais massivement vers Moscou et représente aujourd'hui 51% de ses exportations. Pour la Russie, les revenus en hausse pourraient renforcer sa capacité budgétaire et lui permettre de prolonger son effort de guerre en Ukraine.
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À propos du podcast
Bienvenue dans "What DAF’ck”, le rendez-vous hebdo pour celles et ceux qui veulent comprendre ce qui secoue l’économie mondiale et agite les marchés financiers. Animé par l’équipe de Widoowin Cross Asset Solutions , ce podcast économique vous livre chaque vendredi une lecture claire, aiguisée et…
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