Avec «Soap Club Vol. 1», le Montréalais Waahli «honore son bagage culturel»
Épisode de Le choix musical de RFI par RFI · 14 octobre 2026 · 6 min
Cela fait vingt ans qu'il arpente la scène hip-hop montréalaise : le Canadien Waahli vient de sortir son quatrième album, Soap Club Vol. 1. Après Black Soap, Soap Box et Soap Opera, l'artiste poursuit son exploration d'un hip-hop ouvert aux quatre vents, et où funk, kompa, électro et sonorités afrobeat se rencontrent joyeusement.
Cela fait plus de vingt ans que Waahli sillonne la scène hip-hop québecoise, en solo aussi bien qu'avec son collectif Nomadic Massive... qu'on ne s'étonne pas donc si ce Soap Club fait de nouveau la part belle aux influences de ses débuts et à des couplets rappés en créole, en anglais, et en français.
Comme pour accompagner la diversité de ces langues... des influences musicales très variées se bousculent sur les 13 pistes du disque. D'une chanson à l'autre, Waahli navigue du rap au funk, des sonorités afrobeats à l'électro, en passant bien sûr par le konpa hérité d'Haïti... et qui figure en bonne place sur Soap Club Volume 1.
Des influences variées, dominées par Haïti
Car l'héritage haïtien de Waahli occupe une place prépondérante sur le disque – par les sonorités donc, mais aussi par les mots. Si l'artiste chante en différentes langues, le créole haïtien emporte sa préférence. « J'ai grandi dans une famille haïtienne, pointe le chanteur. Cela fait partie de mon identité, et j'ai eu envie d'honorer ce bagage culturel là. »
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C'est donc avec cette langue (dans laquelle il ambitionne « de devenir meilleur, car il y a toujours quelque chose à apprendre en créole haïtien ! ») qu'il rend hommage, sur « Sonje », aux mères de famille haïtiennes du quartier où il a grandi ; avec lui encore qu'il commémore Toussaint Louverture (« Lovèti »), l'une des figures les plus emblématiques de la révolution haïtienne. « Je répète plusieurs fois son nom, car je ne veux pas qu'on l'oublie, insiste Waahli. Lui rendre hommage me paraît important, surtout dans une période où Haïti, qui a une richesse folle, qu'on appelait la "perle des Antilles", traverse une situation aussi difficile. »
Car Waahli, au-delà d'un chimiste qui s'amuse à mélanger les ingrédients dans son laboratoire musical, est aussi un artiste engagé. Dans ses textes, il alerte aussi bien sur le racisme systémique sur les réseaux sociaux devenus omniprésents, ou encore le réchauffement climatique : un engagement lié, dit-il, à son statut de « père de famille ». « Je pense beaucoup aux jeunes générations, confirme-t-il, à ce qu'on va leur laisser. Parfois, on est tenté d'être pessimiste, de se dire que tout cela ne sert à rien. Mais je ne veux pas basculer là-dedans. »
Un album comme un rituel de purification
De Black Soap à Soap Box, de Seven Bubbles à Soap Opera et maintenant Soap Club : depuis ses premiers projets en solo, Waahli cultive une saine obsession pour le savon. « Ça a commencé lorsque j'ai commencé à fabriquer mes propres savons parce que je n'en trouvais aucun qui me convienne, s'amuse-t-il. C'était au moment où j'ai lancé mon projet solo. Et ça m'a vraiment donné un boost de créativité. Depuis, cela me suit sur tous mes projets et c'est devenu quelque chose de conceptuel. »
Mais au-delà de l'anecdote amusante, c'est aussi une quasi-philosophie. Sur son disque, Waahli édicte sept règles, dont la quatrième est qu'« on ne se nettoie pas que les mains, mais l'esprit aussi. Il y a une dimension spirituelle là-dedans, juge Waahli. C'est une forme d'invitation au soin de soi. À faire attention, aussi, à ce que l'on consomme, les informations notamment. » Une chose est sûre : consommer Soap Club Vol. 1, c'est forcément un remède.
Soap Club Vol. 1 (Wyzah Musk Productions), sortie le 9 octobre 2026.
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