« SE VENDRE N'A JAMAIS ÉTÉ UNE OPTION » Il a rejoint 12 laboratoires où tout restait à construire. Aujourd'hui, ils sont 58 et n'appartiennent toujours qu'à des biologistes.

Épisode de Le Point de Bascule | Biologie médicale par Romain BARBACHE · 6 octobre 2026 · 44 min

Le pari qui n’en était pas un.

Vu de l’extérieur, B2A ressemble à un pari. 58 sites, aucun fonds au capital, dans un secteur racheté presque entièrement en vingt ans. Vu de l’intérieur, Fécel Filali n’y voit aucun pari, Il y voit une évidence.

Je lui ai demandé s’il y avait eu un moment où se vendre aurait été plus simple. Sa réponse est sur la miniature : “Ça n’a jamais été une option.”

B2A est né en 2020 de la fusion de trois groupes indépendants d'Alsace et des Vosges : BIOLIA, BIORHIN et ANALYSIS. Ses racines remontent à un laboratoire ouvert en 1972 dans un village du Bas-Rhin. Le groupe a construit sa propre cellule de recherche, B2A Innovation, et revendique trois valeurs que Fécel répète comme une boussole de décision : l'audace, l'unité, le respect.

J’étais venu avec une histoire de forteresse assiégée, d’offres repoussées une à une. Il m’a parlé d’une question qui ne s’est jamais posée. Quand je lui ai demandé si l’indépendance était une conviction ou un luxe qu’on s’offre tant qu’on grandit, il a choisi le premier mot sans attendre la fin de la question.

Cette édition est soutenue par TOSOH Bioscience

La tendance est à la centralisation sur un plateau technique unique.

Mais de plus en plus de laboratoires se posent la question inverse : quelles analyses doivent rester au plus près du patient ?

C’est de cette question qu’est née l’AIA-CL300.

Un automate d’immunoanalyse compact, signé Tosoh, la référence de l’HbA1c.

Il permet aux sites satellites de garder en local les examens urgents : troponine, D-dimères, BNP, β-hCG.

Il aide aussi les hôpitaux à internaliser des biomarqueurs à faible volume, comme l’ACTH, l’IGF-1 ou les anticorps anti-récepteur de la TSH.

Les réactifs sont lyophilisés et prêts à l’emploi. La calibration reste stable jusqu’à 90 jours.

→ Découvrir tous les paramètres de l’AIA-CL300

Toi aussi, tu veux soutenir Le Point de Bascule et parler aux professionnels de la biologie médicale ? Découvre la page Sponsoring.

En 2012.

Quand il rejoint un groupe de douze laboratoires au lendemain de l’ordonnance Ballereau, être indépendant n’avait rien d’exceptionnel. C’était la norme. Ceux qui sont restés indépendants n’ont pas changé. C’est le paysage qui a bougé autour d’eux, au point qu’on prend aujourd’hui pour de l’audace ce qui était hier le fonctionnement ordinaire du métier.

Il démonte aussi une idée reçue. Décider à plusieurs associés serait plus lent que décider dans un siège. Fécel répond par le Covid, quand il fallait trancher en quelques heures, parfois en quelques minutes. Selon lui, le collectif n’a jamais freiné. Il parle d’un filtre à l’erreur

L’autre fil important de cet épisode.

Fécel dirige la communication du groupe, une fonction qui n’existait pas quand un biologiste exerçait seul. Il refuse le mot marketing. Communiquer, pour lui, c’est rendre visible un travail que personne ne voyait.

De la paillasse, je connais ce silence. Vers 2014, on nous répétait qu’on n’avait pas le droit de faire de publicité. On a fini par confondre publicité et parole. La biologie médicale est devenue ce rond-point par lequel tout le monde passe sans jamais s’arrêter.

Certaines questions restent ouvertes.

Comment un groupe indépendant transmet-il son capital à la génération suivante ?

Comment intègre-t-il d’autres laboratoires sans devenir ce qu’il refusait d’être ?

Fécel y répond par une philosophie de transmission : Le mécanisme mériterait un épisode à lui seul

Résister, ce n’est pas refuser de grandir. C’est refuser de grandir au prix de ce qu’on est

Get full access to Le Point de Bascule - LPB at isomere.substack.com/subscribe

Autres épisodes de « Le Point de Bascule | Biologie médicale »

À propos du podcast

On entend le bruit de la biologie médicale : baisses de nomenclature, regroupements, financiarisation. On entend rarement ceux qui la vivent. LPB raconte le moment où le métier déborde, celui où il faut décider, transmettre, ou devenir autre chose. isomere.substack.com

Le Point de Bascule | Biologie médicale

Épisodes similaires

Tous les épisodes de Le Point de Bascule | Biologie médicale · Plus de podcasts Business