30 - Maraichage, rentabilité et système bio-intensif avec Sylvain Couderc

Épisode de Renouée - Agriculture de Régénération par Lennan Bate · 18 décembre 2025 · 49 min

Sylvain Couderc

https://www.lesjardinsdelavalette.com/

https://www.lecercle.lesjardinsdelavalette.com/feed

www.spidplant.com

https://brinjel.com/fr/

John Jeavons

https://johnjeavons.org/

Eliot Coleman

https://www.librairie-permaculturelle.fr/recherche?s=eliot+coleman

JM Fortier

https://www.librairie-permaculturelle.fr/recherche?s=jean+martin+fortier

Ben Hartman

https://www.claybottomfarm.com/books

Curtis Stone

https://theurbanfarmer.co/

Richard Perkins

https://www.richardperkins.co/

30 - Maraichage, rentabilité et système bio-intensif

avec Sylvain Couderc

Sylvain Coudert: Je trouve que parfois, ce n'est pas assez fait par les jeunes

maraîchers. Il faut vraiment aller voir ailleurs et aller voir dans d'autres fermes parce

qu'il y a des choses, tu vas peut-être le découvrir par toi-même, sauf que si on te le dit,

tu vas gagner des années.

Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la

santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture

occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire

des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne

notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin

d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture

réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au

travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Ayant

grandi en ville, ma première réelle reconnexion au vivant s'est faite avec les mains dans

la terre, à récolter mes premiers légumes. Pour reprendre conscience de la magie du

vivant et la générosité de la terre, rien de tel que de voir une graine germer devenir peu

à peu une salade ou une tomate. Ou bien de sortir de terre des pommes de terre ou

des carottes. Mon premier mentor, Léo Drevet, était maraîcher et mes premières

lectures ont donc assez naturellement été Elliot Colleman John Jeavons ou encore

Jean-Martin Fortier. Plus tard, j'ai beaucoup appris des approches de rentabilisation et

d'optimisation fonctionnelle d'autres maraîchers tels que Curtis Stone, Ben Hartmann

ou encore Richard Perkins. Le maraîchage est l'une des portes d'entrée les plus

fréquentes pour ceux qu'on appelle les NIMA, les nouveaux installés du monde

agricole, parce qu'il faut moins de terre et moins d'investissements pour se lancer, etaussi souvent parce que les légumes sont plus faciles d'accès que les animaux par

exemple. Pourtant, le maraîchage diversifié est extrêmement complexe. Les types de

sols, les microclimats, les dizaines et dizaines de légumes à maîtriser tout au long de la

saison et l'enjeu de la vente directe sont qu'un imperçu de tous les aspects qu'il faut

apprendre à maîtriser afin de créer une entreprise de maraîchage rentable. Entre la

culture en serre, le plein champ non irrigué, l'attraction animale, le biointensif et j'en

passe, les types de maraîchage sont multiples et complémentaires. Alors aujourd'hui

c'est la méthode biointensive dont nous allons parler et pour ce faire je reçois Sylvain

Coudert qui est fondateur des Jardins de la Valette, maraîcher biointensif, formateur et

cofondateur de Speedplant qui conçoit des outils professionnels pour maraîcher. Alors

bonne écoute ! Je me souviens d'une discussion avec un collègue maraîcher au

marché de Saint-Giron en Ariège où je suis. qui me disait non, mais vraiment, c'est pas

possible. Le maraîchage, ça paye pas. Vraiment, c'est pas possible de faire du

maraîchage et d'en vivre. Et j'ai été très frustré parce que moi, ça marche. Après, ça

demande pas mal de travail, de réflexion, d'aménagement. Il y a des décisions à faire,

des choix à faire. Et du coup, c'est un peu pour ça que je voulais en parler avec toi.

essayer de voir un peu décortiquer à quoi ça tient, qu'est-ce qu'il faut pour penser à

une entreprise maraîchère qui tourne et de pouvoir en vivre. Mais donc avant qu'on

creuse ce sujet plus en détail, est-ce que tu veux bien te présenter, nous parler de toi,

ton parcours, ce que tu fais et comment t'en es venu à.

Sylvain Coudert: Faire ça ? Donc moi je m'appelle Sylvain Coudert, je suis maraîcher

depuis 2012, fin 2011 exactement. Je me suis installé sur la ferme familiale, la ferme de

mes grands-parents. J'utilise la méthode buentensive depuis toujours, depuis le tout

début. Alors moi je ne suis pas issu du milieu maraîcher. J'ai fait des études

électrotechniques et je me suis reconverti, je crois que j'avais 27 ans à l'époque, dans

le maraîchage. Donc ça fait 12-13 ans maintenant que je suis maraîcher, donc je suistoujours maraîcher. Je développe aussi des formations depuis quatre ans maintenant à

côté, en parallèle de cette activité-là, pour transmettre ce que j'ai appris et ce qui me

semble bon.

Lennan Bate: Dans le maraîchage. Alors tu parles de la méthode biointensive, est-ce

que tu veux.

Sylvain Coudert: Bien la présenter, de quoi il s'agit ? La méthode biointensive, ça vient

d'un système des maraîchers parisiens, enfin maraîchers, on va dire citadins, au début

du siècle, ou plutôt dans les années 1800-1850, C'est un peu le début de la

spécialisation de l'agriculture. Peut-être que jusqu'avant les années 1800, les

agriculteurs étaient surtout en polyculture élevage et ils avaient des activités à côté où

ils pouvaient cultiver quelques légumes. D'ailleurs, c'est resté longtemps dans les

campagnes comme ça. Mais il y a eu à un moment donné cette spécialisation,

notamment dans les grandes villes, Paris, Londres, les grandes villes européennes,

Bruxelles. Il y a peut-être un problème de foncier à l'époque, mais c'était pas comme

aujourd'hui. Ils produisaient sur ces petites parcelles, apportaient leurs légumes à la

ville et revenaient. avec énormément de matière organique à l'époque, parce qu'à

l'époque c'était encore les chevaux qui dominaient les transports, et donc ils avaient

accès comme ça à une matière organique importante. Et ils ont développé des

techniques sur toute petite surface, donc c'était généralement des parcelles de moins

de 8000 m², très cultivées, et à plusieurs personnes, on a des écrits là-dessus, où ils

étaient assis, 7 travailleurs, moins de 8 millimètres carrés, et ils produisaient comme ça

plusieurs tonnes de légumes qu'ils apportaient dans les capitales. Et ce terme bio-

intensif, c'est un anglicisme qui a été rapporté je pense de Paris-Lutte ou Allemagne, je

ne sais pas ce que ça a été introduit. Ça vient de « biologic intensive method », «

French method » même au départ. Donc c'est d'avoir une vie intense. Alors c'est vraique quand on utilise le mot « intensif » en français, ce n'est pas toujours bien compris

et connoté. mais ça vient vraiment d'une activité biologique intense dans nos sols, ça

vient de là. Et c'est un terme que moi je garde et que j'emploie encore aujourd'hui pour

expliquer mon maraîchage parce que ça reprend justement cette méthodologie avec la

modernité.

Lennan Bate: De 2020-2025, mais ça vient de là, de cette base. Si on se balade dans

tes jardins, à travers ton maraîchage, à quoi ça ressemble ? Qu'est-ce qu'on verrait et

en quoi ce serait différent.

Sylvain Coudert: D'Un autre type de maraîchage, peut-être plus classique, plus

conventionnel ? Oui, parce que c'est vrai que je parlais de l'origine, mais je n'ai pas

vraiment décrit ce que c'était. Déjà, peut-être quand même la taille, comme les

maraîchers du début, c'est que c'est tout petit. Moi, si on prend ma surface, grosso

modo, vue du ciel, de mes cultures, on est à moins de 5 000 mètres carrés. Donc ça,

c'est déjà le premier élément. Deux personnes à temps plein à travailler sur cette

surface, c'est une première spécificité, c'est la taille. Deuxième spécificité, c'est qu'on

est en planche permanente, c'est qu'il y a une standardisation et un découpage au fil

des ans, elles sont tout le temps là, tout le temps au même endroit. Elles font toutes 75

cm, avec des passepieds de 45 cm, et dans mon cas, elles font toutes 20 m. Donc ça,

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À propos du podcast

Le podcast qui explore les liens profonds entre la santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine.

Renouée - Agriculture de Régénération

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