À la Une: un premier décès d'Ebola au Kenya

Épisode de Revue de presse Afrique par RFI · 7 octobre 2026 · 4 min

Le patient décédé à son retour dans le pays, après être parti de RDC et avoir voyagé en Ouganda, a été inhumé à Nairobi. Le journal kenyan The Nation raconte cet enterrement sous protocole strict :« les membres de la famille ne sont pas autorisés à le toucher et il n'y a pas de veillée funèbre (...), les matériaux utilisés lors de l'inhumation, y compris les combinaisons de protection chimique et les bottes en caoutchouc, sont détruits sur place. Cette scène offrait un aperçu des précautions extraordinaires » prises au Kenya, observe The Nation.

Une course contre la montre

« À Nairobi, tout est actionné pour empêcher que ce cas importé ne se transforme en chaîne de transmission. Les autorités ont identifié 28 personnes ayant été en contact avec le malade et recherchent encore d’autres passagers et membres d’équipage du vol qu’il a emprunté », déclare le site d'information panafricain Afrik.com mais ce décès « rappelle surtout que l’épidémie ne s’arrête pas aux frontières. »

Et la presse nationale s'interroge : « Où le Kenya a-t-il commis une erreur ? » titre The Standard, « Comment un homme gravement malade depuis des semaines a-t-il pu franchir tous les points de contrôle sans être détecté ?, demande The Nation, cela signifie-t-il que le système de dépistage kényan, pourtant si vanté, n'a pas fonctionné comme prévu ? »

« La fièvre du patient aurait dû être détectée à l'aéroport », estime un virologue interrogé par le journal, avant d'ajouter que « ce n'était pas le moment de désigner des coupables, mais de renforcer la surveillance. »

La reprise stratégique de Kidal

L'armée malienne « signe une rare victoire », titre le journal français Le Monde. « Les FAMa, les Forces armées maliennes, et leurs partenaires paramilitaires russes sont entrés dans Kidal le 6 octobre, après l’annonce par le FLA d’un repli stratégique », précise le site d'informations malien Sahel Tribune. Une annonce faite, après « une opération aéroterrestre engagée depuis plusieurs jours dans la région », ajoute de son côté le média MaliJet.

« Le drapeau national flotte de nouveau sur Kidal,  mais cette issue n’est pas tombée du ciel, estime Sahel Tribune, elle couronne une montée en puissance patiente : frappes répétées sur la ville depuis la fin avril, défense acharnée d’Anéfis en juillet, frappes de précision sur Kidal le 4 octobre (...).  Le FLA n’a pas choisi de partir. Il a constaté qu’il ne pouvait plus tenir face à une armée malienne plus déterminée, plus combattive et donc plus professionnelle. »

« Cette annonce de la reprise de cette ville devenue un bastion de la rébellion touareg intervient après une série de revers pour l’armée », analyse de son côté Le Monde, qui rappelle que l'armée malienne en avait été chassée en avril dernier, par les FLA et ses alliés djihadistes du JNIM. « Cette perte de Kidal avait à l’époque constitué un véritable camouflet pour les FAMa. »

Mais « pourquoi tant de moyens pour une cité de quelques dizaines de milliers d’habitants ? » interroge Sahel Tribune. Et le média de répondre que c'est « parce que Kidal n’a jamais été une ville comme les autres. De 2014 à 2023, elle fut une enclave où l’emblème national ne flottait plus, placée sous la tutelle de fait des groupes armés et sous le regard complaisant d’une partie de la communauté internationale. Son retour dans le giron de l’État, le 14 novembre 2023, avait été accueilli dans tout le pays comme la fin d’une humiliation longue de près de dix ans, et comme la démonstration que la souveraineté retrouvée n’était pas un mot d’ordre vide de sens », se remémore le journal.

Quel avenir pour la ville ?

« La victoire d’aujourd’hui ne doit pas faire oublier la leçon d’avril », met en garde Sahel Tribune. « En 2023, l’armée était entrée dans Kidal. En 2026, elle en a été chassée. Reprendre une ville ne suffit pas, il faut la tenir. Tenir, c’est aussi administrer, insiste le journal, le retour des services de l’État, de la santé, de l’école, de l’eau et de l’électricité, conditionne celui des familles parties depuis avril. Une armée nationale qui protège, une administration qui sert, une justice qui distingue entre les combattants et les civils. Voilà ce qui rendra la reprise de Kidal définitive. »

Autres épisodes de « Revue de presse Afrique »

À propos du podcast

Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font…

Revue de presse Afrique

Épisodes similaires

Tous les épisodes de Revue de presse Afrique · Plus de podcasts News Politics