À la Une: l’inquiétant nombre d’infanticides et de féminicides au Cameroun

Épisode de Revue de presse Afrique par RFI · 2 octobre 2026 · 4 min

L'inquiétude ne cesse d’augmenter. Depuis le début de l’année, annonce le journal en ligne Afrique XXI, « le Cameroun égrène les noms de ses enfants morts, comme on égrène un chapelet funèbre. Divine 11 ans, enlevée puis tuée après des sévices sexuels à Nkoabang, en périphérie de Yaoundé. Mathis, 6 ans, assassiné par un voisin à Yaoundé. Karl Ethan, 11 ans, tué à son domicile de Minkan ».

La liste est longue. Selon Afrique XXI, « chacune de ces affaires a suivi la même trajectoire : un emballement sur les réseaux sociaux camerounais, une indignation qui déborde les frontières nationales puis, invariablement, un silence institutionnel qui finit par devenir, lui aussi, un objet de scandale ».

Ce silence institutionnel a toutefois fini par être brisé. Le 1er juin, rappelle Afrique XXI, « une conférence de presse gouvernementale a officiellement recensé 77 féminicides pour la seule année 2025, ainsi que "des dizaines" de violences graves commises contre les enfants (…) un chiffre que les observateurs jugent (toutefois) très inférieur à la réalité ».

Le journal en ligne a interrogé la psychologue clinicienne Agnès Tsimi, qui livre son analyse : « La famille reste le premier lieu de danger pour l’enfant camerounais, bien avant la rue ou l’inconnu. C’est ce qui rend le sujet si difficile à traiter socialement : il faut accuser quelqu’un qu’on connaît. » La question ébranle désormais la société camerounaise : une manifestation contre les infanticides et les féminicides a eu lieu il y a 2 semaines, à Yaoundé.

Confessions religieuses et prévention

En RDC, l’église se mobilise pour la lutte contre le virus Ebola. C’est la Cenco, la Conférence épiscopale nationale du Congo, qui a réuni hier « les responsables des confessions religieuses sur la prévention et la riposte contre Ebola », explique Beto. Le média en ligne congolais précise que le secrétaire général de la Cenco, Mgr Donatien Nshole « a ouvert les travaux, en invitant ces responsables à s’engager davantage ».

La Cenco met particulièrement en avant la question des contacts des proches avec un défunt. Question cruciale car, explique Beto, « le virus Ebola se transmet par les liquides biologiques et le corps d’un défunt reste contaminant. Les rites funéraires, la toilette mortuaire, les veillées et les contacts avec la dépouille comptent parmi les principaux vecteurs de transmission connus de cette maladie ».

C’est là que la responsabilité des autorités religieuses intervient, ajoute Beto : « Ce sont les autorités religieuses et coutumières qui encadrent ces rites. Un enterrement sécurisé accepté par une communauté coupe une chaîne de transmission ». Conclusion de Mgr Donation Nshole : « Notre engagement est précieux, car la lutte contre Ebola doit être fondée sur la confiance, la solidarité et la responsabilité collective. »

Octobre rose

C'est aussi une préoccupation concernant le domaine de la santé en RDC : la lutte contre le cancer du sein. Avec hier, le début de la campagne internationale Octobre rose. « La RDC lance une vaste campagne de dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus », annonce le Journal de Kinshasa. Selon le ministère congolais de la Santé, « plus de 9 700 nouveaux cas de cancers du sein sont enregistrés chaque année en RDC ».

Le programme du gouvernement, précise le journal congolais, « prévoit le dépistage sur près de 912 000 femmes dans six provinces », dont « le dépistage gratuit de 5 000 femmes à Kinshasa ». « L’idée, explique le Journal de Kinshasa, est de favoriser la détection précoce des lésions pré-cancéreuses et des cancers afin de permettre une prise en charge plus rapide des femmes concernées. »

Que faire pour participer à ce dépistage ? Selon le ministère de la Santé, « les femmes sont invitées à s’inscrire, choisir le lieu de dépistage le plus proche et respecter leur rendez-vous, y compris lorsqu’elles ne présentent aucun symptôme ».

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À propos du podcast

Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font…

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