À la Une: l'Union africaine lance son agence de notation

Épisode de Revue de presse Afrique par RFI · 8 octobre 2026 · 4 min

Cela s'est passé ce mercredi, à Maurice. « Après près d'une décennie de pourparlers », l'Union africaine lance sa propre agence de notation : L'Agence de notation financière d'Afrique, l'AfCRA, « dont l'objectif est de remédier aux évaluations des établissements traditionnels, européens ou américains, perçues comme injustes et qui ont pour conséquence le renchérissement des emprunts des pays du continent », explique le média sénégalais Seneweb.

En quoi c'est un enjeu pour le continent ? Les noms de S&P, Moody’s ou Fitch, ne parlent sans doute pas à grand monde, mais ces agences de notation « déterminent le coût auquel États et entreprises s’endettent sur les marchés obligataires [d’emprunt] », explique Forbes Afrique. Pour cela, elles évaluent, et donnent des notes. Concrètement, ces notes déterminent « le nombre de routes, d’hôpitaux, de centrales électriques, de zones industrielles et d’entreprises pouvant être financés », précise le magazine panafricain African Business.

Un calcul souvent faussé pour l’Afrique

« Certains experts estiment que ces grandes agences négligent par exemple l'important secteur informel de l'Afrique, invisible dans les données officielles », rappelle Seneweb. « Malgré un faible taux de défaut de paiement, l’Afrique, un marché émergent où les liquidités sont rares, emprunte aux taux les plus élevés du monde », analyse de son côté African Business. Pour le journal, c’est la raison pour laquelle « la création de l’AfCRA mérite de l’attention ».

L'Union africaine promet que son agence de notation « fonctionnera de manière indépendante », note le mensuel panafricain Afrimag. Reste cependant à savoir si l'agence de notation africaine parviendra à persuader les investisseurs et les marchés que ses évaluations sont dignes de la même confiance que celle dont bénéficient les agences traditionnelles », tempère Seneweb. Et selon Afrimag, qui qualifie l'AfCRA de « fausse bonne idée », « rien n’est moins sûr : une ombre d’indépendance planera toujours sur cette structure. Les premiers crash-tests surviendront inévitablement lorsqu’il faudra attribuer des notations gênantes à des États actionnaires. « Si cela n'arrive pas », prévient Seneweb, les créanciers risquent de considérer que l'Afrique est juge et partie ».

Un jugement attendu en Suisse, pour répondre à une question : qui est le champion d'Afrique de foot ?

Presque neuf mois après la finale de la Coupe d'Afrique des nations 2025, « le feuilleton judiciaire autour du match entre le Maroc et le Sénégal franchira une nouvelle étape majeure ce jeudi à Lausanne, en Suisse », déclare le journal marocain Le Matin. « Il y a des matchs qui se terminent au coup de sifflet final. Et puis il y a Maroc-Sénégal. Celui-là refuse décidément de prendre sa retraite », juge son compatriote, le 360.

Le terme de victoire, c'est la presse sénégalaise qui se le réserve, en rappelant qu'à la fin de ce match hors-norme et marqué par les tensions, c'est son équipe nationale qui a soulevé le trophée, avec le score d'un but à zéro. Une finale donc « remportée sur le terrain par le Sénégal et attribuée au Maroc par la CAF sur tapis vert », estime Seneplus à Dakar. « C'est la Fédération sénégalaise de football qui a saisi le tribunal arbitral du sport à Lausanne, contestant la décision du jury d'appel de la confédération », poursuit le titre, et « deux logiques s'affrontent ». Pour avoir quitté la pelouse afin de dénoncer un penalty, les Sénégalais ont été déclarés forfaits malgré leur victoire face aux Marocains. Depuis, chacune des sélections revendique le titre continental : les premiers s’estiment vainqueurs sur le terrain, les seconds au nom du droit.

« Le droit, tout le droit, rien que le droit », revendique même le 360, qui estime que « la meilleure posture marocaine est probablement celle qui consiste à faire exactement ce qu’une juridiction attend d’une partie, à savoir plaider le droit, documenter les faits et laisser les émotions à la porte du tribunal ». Le tribunal jouera donc à nouveau ce match dans un décors inédit, conclut le journal marocain : « Un micro, une Confédération, deux fédérations et trois arbitres. Voilà le casting. Le football peut parfois produire des scénarios que même Hollywood n’oserait pas écrire ».

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font…

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