À la Une: quelle coalition et quelles orientations pour le Maroc?

Épisode de Revue de presse Afrique par RFI · 1 octobre 2026 · 4 min

« À peine nommée, la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, entame le jeu des alliances, pointe le quotidien L’Opinion à Rabat. L’enjeu est de parvenir à la coalition la plus harmonieuse. Mais avec qui ? », s’interroge le journal. « C’est toute la question des consultations entamées, hier, par la patronne du PAM. La nouvelle cheffe de l’Exécutif s’est déjà mise à l’œuvre. Elle a commencé ses discussions avec ses anciens alliés de la majorité sortante, le RNI, le Rassemblement national des indépendants, et l’Istiqlal. Le PJD, parti islamiste, a été également convié à des discussions », mais, souligne L’Opinion, il a d’ores et déjà affirmé « son refus catégorique de siéger dans un gouvernement présidé par le PAM auquel il promet une opposition féroce au Parlement. Il est clair que le Parti de la Lampe se considère le leader de l’opposition après son come-back inattendu aux législatives où il est arrivé quatrième avec 54 sièges. Un score qui le met en position de force pour incarner le camp adverse dans l’Hémicycle ».

Urgences…

« Maroc : le PAM saura-t-il relever le défi du pouvoir ? », s’interroge Jeune Afrique. « Bâtir une coalition qui ne soit pas une simple distribution de postes », mais aussi « convaincre les abstentionnistes » et « donner un sens à la victoire électorale du 23 septembre : pour la nouvelle cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, le plus difficile commence », s’exclame le site panafricain.

En effet, « le futur gouvernement devra éviter le piège classique des coalitions, prévient Jeune Afrique : distribuer les portefeuilles avant de définir le projet. La question centrale ne sera pas seulement qui gouvernera avec qui, mais autour de quel contrat politique et économique. Une formation peut gagner une élection avec un récit politique ; elle ne peut gouverner durablement qu’avec une méthode ».

Et « cette méthode sera d’abord jugée sur l’économie réelle, pointe le site panafricain. L’année dernière, le Maroc a créé 193 000 emplois, mais le chômage concernait encore plus de 37 % des 15-24 ans, près de 20 % chez les diplômés et 20 % des femmes. Plus préoccupant encore, le sous-emploi est passé à 1,9 million de personnes. Le prochain gouvernement héritera donc moins d’une crise statistique que d’une question de modèle : comment transformer la croissance, l’investissement et les grands projets en emplois suffisamment nombreux et suffisamment qualifiés ? »

De plus, souligne Jeune Afrique, « il existe, parallèlement, une autre urgence, moins quantifiable : celle de la confiance. Le scrutin du 23 septembre n’a mobilisé que 38 % des électeurs contre un peu plus de 50 % en 2021. Plus de six inscrits sur dix ne se sont pas déplacés. Le chiffre ne permet pas, à lui seul, de déduire les motivations de l’abstention. Il constitue néanmoins un signal politique majeur ».

« Jusqu’où peut-elle aller ? »

En corollaire, cette question posée par Afrik.com : « Face aux milliardaires, Fatima Ezzahra El Mansouri peut-elle bousculer le système ? La Première ministre succède à Aziz Akhannouch, l’une des plus grandes fortunes du pays. Carburants, dessalement, marchés publics : la patronne du PAM a dénoncé les conflits d’intérêts pendant la campagne. Elle a pourtant siégé cinq ans dans le gouvernement du milliardaire (comme ministre de l’Habitat). »

Alors « jusqu’où peut-elle aller ?, s’interroge encore le site panafricain. Les leviers d’une cheffe du gouvernement existent avec le renforcement du Conseil de la concurrence, la transparence des marchés publics, la fiscalité, l’accès des PME au crédit ou la loi sur les conflits d’intérêts. » Par ailleurs, « son bilan au ministère de l’Habitat montre une méthode tournée vers les ménages plutôt que vers les promoteurs, ce qui est déjà un bon signe ».

Toutefois, tempère Afrik.com, « sa marge de manœuvre reste surtout bornée par l’architecture du pouvoir. La Constitution de 2011 confère au chef du gouvernement d’importants pouvoirs exécutifs, mais c’est le Roi qui préside le Conseil des ministres, où sont décidées les orientations stratégiques de l’État. (…) Le projet de loi de finances 2027, que Fatima Ezzahra El Mansouri doit présenter au Parlement dans les prochaines semaines, offrira un premier test. On verra alors jusqu’où la cheffe du gouvernement est prête à aller face à ceux dont elle a partagé le pouvoir pendant cinq ans ».

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À propos du podcast

Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font…

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