À la Une: «l'Acte III» de la mobilisation lycéenne en France

Épisode de Revue de presse internationale par RFI · 7 octobre 2026 · 4 min

Entre 250 000 et 450 000 personnes étaient dans la rue pour manifester dans de nombreuses villes du pays ce mardi. Au lendemain de cette journée de mobilisation, les violences qui émaillent le mouvement et sa répression interpellent la presse internationale. Le journal communiste italien Il Manifesto dénonce par exemple « la main de fer adoptée par le gouvernement français pour réprimer le mouvement des lycéens ». Si les forces de l'ordre sont coutumières du fait, selon le média transalpin, qui rappelle les blessés par LBD du mouvement des Gilets jaunes en 2018, la situation serait plus grave aujourd'hui puisque « c’est contre des lycéens » que la police déploie désormais « ces armes », et réprime la mobilisation « avec une violence extrême. »

Rien d'inédit pour le journal britannique Unheard, « le public français est désormais habitué à des scènes qui, dans n'importe quel autre pays, ressembleraient à des instantanés figés d'une zone de guerre (...). Cependant, c'est la violence brutale perpétrée par les jeunes qui est véritablement choquante », estime de son côté le site d'opinion conservateur.

La presse française se penche sur les réponses à apporter au mouvement

Cette journée de mobilisation est « une démonstration de force d’un côté. De surdité de l’autre, juge Libération, même en prenant les estimations basses de la police, le nombre de cortèges, de manifestants, de lycées mobilisés, atteste que le mécontentement ne recule pas. Il s’installe ».

Et l'improvisation des initiatives du gouvernement « pour nouer le dialogue, les déclarations ministérielles appelant à siffler la fin de la récré, l’ubuesque proposition d’ici la fin de la semaine d’une demi-journée de démocratie lycéenne » sont, aux yeux du journal, « le signe surtout d’un manque d’écoute ».

« Le mouvement lycéen actuel est comme trop souvent reçu avec condescendance et pourtant l’un des enjeux qu’il souligne est celui de la démocratie et de la citoyenneté dans les lycées. Vouloir les préserver de la politique est trompeur : ils sont déjà des citoyens et n’attendent pas les adultes pour s’informer, avoir des opinions et les exprimer », déclare un sociologue dans Libération. « Plutôt que de les silencier, accompagnons-les pour chercher les bonnes informations, apprendre à débattre, à entendre des opinions différentes », appelle-t-il, avant de conclure que « surtout c’est notre regard sur eux qui doit changer : il n’y a pas que chez les vieux qu’on trouve de la sagesse ».

Les trois ans des attaques du 7-Octobre à la Une de la presse israélienne

« Il y a trois ans, ce matin-là, Israël se réveillait face à l'inimaginable », peut-on lire dans un éditorial du Jerusalem Post, et « trois ans plus tard, la tentation est grande de considérer le 7-Octobre comme un épisode sombre du passé. Mais Israël n'a jamais vraiment eu l'occasion de le reléguer aux oubliettes. » Depuis cette date, le pays « a connu des transformations profondes. Ses instances politiques et militaires ont tiré des leçons douloureuses concernant ses ennemis, ses défenses et ses propres institutions », énumère le journal.

Or, « trois ans plus tard, Israël ne dispose toujours pas de commission d'enquête d'État sur la pire catastrophe nationale de son histoire », remarque le Jerusalem Post, cela signifie que le 7-Octobre reste une affaire non résolue. » « Trois ans plus tard, nous exigeons des comptes, réclame l'auteur d'une tribune dans le Times of Israel, nous devons comprendre comment la catastrophe a pu se produire. Lorsque leurs hypothèses se sont effondrées, qu'ont fait nos dirigeants (...)  ? De quoi ont-ils assumé la responsabilité et quelles leçons en ont-ils tirées ? »

« Depuis le 7 octobre, nombre d'entre nous ont normalisé des politiques et des politiciens immoraux qui bafouent notre engagement envers la justice et envers la valeur et l'égalité de toute vie », déplore un rabbin dans une autre tribune du journal. « L'injustice envers les Palestiniens en Cisjordanie est endémique. Pourtant, jusqu'à présent, nous autres Israéliens avons, dans l'ensemble, refusé d'assumer nos responsabilités ou de modifier notre politique. Aujourd'hui encore, nous ne soutenons pas les initiatives visant à reconstruire la vie dans la moitié, voire plus, de Gaza que nous contrôlons », déclare-t-il. « Reconnaître nos erreurs est une étape nécessaire pour montrer que nous n'avons pas perdu notre humanité. C'est même ainsi que nous la retrouvons. »

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À propos du podcast

Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet.

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