Je voudrais aimer, mais j'en suis dégoûtée

Épisode de FouQuiDit poésie Podcast par FouQuiDit poésie thérapie · 29 mars 2026 · 20 min

Poème FouQuiDit: Aimer

Mon âme ne cherche plus à s’accrocherNi à s’agripper par peur de tomber.

Elle hésite même à s’assembler,De peur de mal concorder et de lui coûter.

L’idée de l’autre fait rêver,Mais l’autre me dégueule.

Jaime la pluie sans vouloir qu’il pleuve.

Vouloir m’agripper surpassait le dégoût,Maintenant partie, il se voit vaincu.Surprise, je n’y aurais jamais cru,Que j’irais jusqu’à refuser tout

Je crains de ne pas aimer sans que ce soit malsain,Comme si l’illusion camouflait un vide lointain.

Je cherche à contre-cœur ma personne destinée, Pour prouver si je suis trop défectueuse pour aimer.

Ma confiance d’être aimée est ébranlée,Mes tripes espèrent le doute éliminé.

J’anticipe ce sentiment d’aimer Comme l’attente de notre plat préféré,Dont on ne pourrait se fatiguer.

Le paradoxe du vouloir et pouvoir :

Dans ce poème, j’exprime le conflit entre mon désir d’être aimée et une réponse viscérale de dégoût.

J’ai écrit ce texte après avoir entamé un processus de guérison suite à une rupture afin d’apprendre à m’épanouir seule. Pourtant, je réalise aujourd’hui que je ressens une aversion profonde. Ce dégoût est nourri par la manipulation et le contrôle subis dans mes relations passées, qu’elles soient amicales, familiales ou amoureuses.

L’expression «chercher à contre-coeur» témoigne de mon épuisement. La recherche d’un partenaire n’est plus un plaisir, mais une expérience de laboratoire pour tester ma propre capacité à fonctionner ou même à être en couple. Mon poème cache une insécurité profonde: La peur de ne pas pouvoir être aimée.

Cette sensation a toujours été plus ou moins présente, mais mon désir de réciprocité était autrefois assez fort pour contrer le dégoût. Désormais, suite à ma rupture, l’aversion est devenue beaucoup plus puissante et mon envie d’aller vers l’autre est minime.

Ce dégoût agit comme une armure qui m’empêche d’ingérer ce qui pourrait me détruire.

Quand je vois l’énergie que m’a demandée ma reconstruction, je comprends que mon corps est conditionné à percevoir l’amour comme un danger presque mortel lol.

En faisant allusion au « plat préféré », je ne souhaite pas seulement un amour qui ne m’épuise pas par l’hypervigilance; je souhaite une relation dont je ne finirais pas par être dégoûtée à long terme. Actuellement, dès que je commence à m’approcher de quelqu’un, ce rejet instinctif remonte et me pousse à repousser l’autre, malgré moi.

En résumé, je cherche ma personne préférée: celle qui pourra m’aimer sans m’épuiser, et sans que je finisse par être dégoûtée au point de ne plus vouloir toucher à mon plat du tout.

Si vous aussi, vous avez vécu de mauvaises expériences relationnelles qui vous amènent à avoir des réponses physiologiques plus intenses malgré vous, sachez que vous n’êtes pas seuls. Je vous rassure : avec le temps et de nouvelles expériences positives, cela s’améliore. Il faut simplement être patient avec son corps. Même si notre esprit est déjà prêt à passer à l’étape suivante, notre corps, lui, peut prendre plus de temps et il le fait avec la meilleure volonté du monde, simplement pour nous protéger. ;)

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