procrastination nocturne: lutte pour le contrôle

Épisode de FouQuiDit poésie Podcast par FouQuiDit poésie thérapie · 1 décembre 2025 · 15 min

La nuit

Il fait noir. Il se fait tard.

Mes paupières s’alourdissent. Mes pensées s’engourdissent.

J’entends le bruit de fond de l’électricité et des machineries qui font chauffer la maisonnée.

“Ici, je décris le changement de climat où le silence s’installe. La baisse des stimuli diurnes entraîne une diminution des distractions. C’est à ce moment que je prends conscience de mon anxiété sous-jacente. Mon corps, bien que fatigué et réclamant le repos, demeure hypervigilant et à l’affût des moindres sons, car il perçoit le calme comme une menace, m’empêchant ainsi de me détendre et de m’abandonner au sommeil.”

Ce calme m’angoisse, Me laissant seule face à moi-même. Comme si j’avais la poisse Qui envahit ma carcasse, Qui m’apporte inconfort et gêne.

Dans cette séquence, j’aborde directement la thématique du calme qui devient anxiogène. L’absence des distractions diurnes me force à faire face aux blessures et aux émotions que j’ai évitées durant la journée.

Ce sont des émotions dont j’ai honte, mais surtout une douleur que je refuse de revivre, car c’est désagréable et épuisant. Cette peur de la reviviscence me rend inconfortable et se manifeste par un sentiment physique ; c’est une “poisse” qui m’envahit, me pique, et me dérange profondément, symbolisant un malaise existentiel que je cherche à fuir.

Dormir voudrait dire souffrir.Je rêve le jour pour fuir.

Mais la nuit me rattrape Sans pouvoir débattre .

Dans ces vers, le repos est directement associé à la souffrance : “Dormir voudrait dire souffrir.” Le sommeil, ou l’arrêt de l’activité, devient synonyme de la reviviscence des douleurs et des blessures que j’ai évitées en m’activant et en me mobilisant durant la journée.

De ce fait, si le sommeil équivaut à la souffrance, j’ai naturellement tendance à vouloir délayer et repousser l’heure de dormir.

De plus, le sommeil est un besoin vital auquel il est difficile de se soustraire ou d’échapper. Malgré toutes les tentatives de fuite (comme rêver le jour), la nuit “rattrape” inéluctablement, forçant à vivre ces émotions désagréables sans pouvoir rien y faire, soulignant la fatalité de cette confrontation.

Je suis bloqué, je ne peux plus m’y échapper. Je dois m’arrêter, laisser aller, laisser couler.

Mais trop de choses que j’ai laissées aller Trop de choses que j’ai acceptées, c’est assez.Je ne veux plus laisser couler.Je dois me protéger. Je ne tolère plus être blessée.

Dormir? Je préfère procrastiner

Dans cet extrait, j’explique que je suis à bout : la souffrance a été trop grande et j’ai déjà trop toléré. L’évitement de cette souffrance n’est plus seulement une procrastination, mais devient un mode de survie essentiel pour réussir à avancer, continuer et me protéger.

Je reconnais que je devrai vivre ces émotions et les accepter un jour, car je ne peux pas les fuir indéfiniment. Cependant, je sens qu’en ce moment, c’est trop. J’ai dépassé mes limites et j’ai un besoin impératif de mettre ces émotions en pause pour l’instant.

Pour que demain et hier soient au loin. Entre hier et demain, le temps s’est arrêté. Mes problèmes et souffrances sont au loin.Ils sont dans le passé et le futur et je suis arrêtée.Cet espace-temps me permet de fuir cette réalité.

Ici, j’exprime que le temps de procrastination est un moment de pause totale. Je me permets de mettre en suspens ma bataille intérieure et extérieure, ainsi que les blessures et émotions ressenties du passé. Je laisse également de côté l’anticipation angoissante du futur.

C’est comme si ce moment était dédié à moi-même, un espace pour me réconforter et m’offrir un répit mental. Cette suspension du temps me permet de simplement exister avec une certaine aise, loin des fardeaux temporels.

Cette réalité qui me pèseEt qui m’affaisse.

Dans ces deux vers, j’exprime à quel point cette réalité — mon passé accompagné de ses émotions désagréables, voire honteuses — m’impacte significativement de façon négative. Elle affecte ma personne au complet (”elle m’affaisse”), comme si elle cherchait à me mettre à terre, alors même que je désire continuer d’avancer et de me relever.

Cette pause m’épuise physiquement et mentalement, Mais au moins je peux m’échapper de ces sentiments.

Pour conclure, j’ajoute que malgré le fait que le manque de sommeil affecte mon état physique et mental, ce coût est perçu comme préférable à la confrontation émotionnelle. Ces émotions sont encore pires et pourraient même me mettre à terre.

Je vois donc plus de bénéfices à procrastiner mon sommeil qu’à dormir et revivre ma souffrance passée. La procrastination, bien qu’épuisante, est jugée nécessaire pour la survie émotionnelle immédiate.

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