Ministre des Sports du Sénégal: les Jeux olympiques de la jeunesse doivent être réfléchis «en termes d'héritage»

Épisode de Le grand invité Afrique par RFI · 5 octobre 2026 · 5 min

Notre grand invité Afrique ce matin est Djirèye Clotilde Coly, ministre sénégalaise de la Jeunesse et des Sports, de passage à Paris où elle est venue pour une rencontre au siège de l'Unesco afin de promouvoir les JOJ de Dakar 2026. Ces Jeux olympiques de la Jeunesse seront le tout premier événement olympique de l'histoire à se dérouler sur le continent africain. 2 700 athlètes âgés de 15 à 17 ans venus du monde entier vont donc se retrouver à Dakar du 31 octobre au 13 novembre prochain. Djirèye Clotilde Coly répond aux questions de Carine Frenk.

Madame la ministre, bonjour. À quatre semaines de l'ouverture, le Sénégal est-il prêt à accueillir ces Jeux olympiques de la jeunesse ?

Je confirme, le Sénégal est prêt à accueillir ces Jeux olympiques de la jeunesse. Nous sommes prêts sur le volet infrastructures, sur la partie sécuritaire, la partie test est également déjà faite. Nous travaillons actuellement à la mobilisation et à la réussite de ces jeux.

Les routes autour de la piscine olympique et le site lui-même sont aujourd'hui encore en travaux. N'est-ce pas un sujet d'inquiétude ?

Pas vraiment. Tous les sujets ont été pris en charge avec une dynamique très pragmatique et tout sera finalisé avant les Jeux.

Le coût global prévisionnel a été estimé à 104 milliards de francs CFA, plus de 150 millions d'euros. Est-ce que toutes ces dépenses peuvent vraiment être considérées comme un investissement pour l'avenir ?

Oui, l'événement en lui-même est un investissement pour l'avenir. Quand on parle du coût, on pense peut-être tout de suite au retour sur investissement. Or, un événement de ce genre ne doit pas être réfléchi en termes de retour sur investissement automatique et immédiat. C'est plutôt en termes d'héritage, d'héritage matériel avec toutes ces infrastructures sportives durables, puisqu'on parle ici d'investissement. Alors effectivement, vous avez les dépenses d'organisation, mais vous avez des dépenses d'investissement sur des actifs durables qui seront exploités et valorisés.

Mais vous avez aussi toute la partie immatérielle avec les compétences qui sont développées, avec les entreprises qui ont participé ou qui participent à ces Jeux. Donc oui, c'est un investissement, mais c'est un investissement sur le long terme.

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Mais avec les problèmes financiers qu'on connaît, le quotidien de plus en plus difficile pour les Sénégalais, est-ce que tout cet argent n'aurait pas été plus utile ailleurs ?

Oui, le chômage, la vie qui est chère, mais aujourd'hui, nous avons des retours, mais vraiment aussi au niveau de la jeunesse, en termes d'engagement de la jeunesse, de formation, de leadership. Je peux revenir sur certains aspects liés à l'organisation de ces Jeux : un programme, celui des volontaires avec 6000 volontaires mobilisés, formés durant ces jeux ; les programmes liés à la citoyenneté, à l'environnement, des brevets olympiques, civiques et sportifs qui ont été déployés dans des milliers d'écoles avec plus de 900 000 jeunes formés.

Et aussi les retombées immédiates, notamment dans le secteur de l'hôtellerie, puisque des hôtels seront mobilisés durant plus de deux semaines, dans le secteur de la restauration, dans les services, dans les arts. Au-delà de cela, c'est toute une économie du sport qui sera développée et on sait ce que représente aujourd'hui l'économie du sport. C'est aussi notre capacité en tant que pays à organiser de grands événements. C'est-à-dire qu'à partir de cet événement, nous pourrons prétendre accueillir de très grands événements et nous savons ce que ces événements rapportent.

Donc vraiment, on peut toujours penser que ces dépenses peuvent être utilisées ailleurs. Mais la réalité est qu'aujourd'hui, c'est un investissement qui portera du fruit.

Est-ce qu'on en sait un peu plus sur la cérémonie d'ouverture ? Combien de chefs d'État attendez-vous ?

Ce que je peux vous dire, c'est qu'une très belle cérémonie attend les chefs d'État. Au-delà de l'appel lancé par le chef de l'État sénégalais lui-même, son Excellence Bassirou Diomaye Faye, à la tribune des Nations Unies où il a invité tous les chefs d'État, tous les États membres à nous rejoindre lors de ces Jeux olympiques de la jeunesse, des invitations ont été lancées. Nous attendons du beau monde à ces JO.

Et l'ex-président Macky Sall sera-t-il invité lui aussi ?

Alors je dirais que la question n'est peut-être pas là, même si l'invitation relève des prérogatives du chef de l'État. Pour moi, l'important aujourd'hui, c'est vraiment de nous focaliser sur la réussite de ces Jeux, sur l'expérience que nous pourrons donner aux différentes délégations qui seront là et aussi au peuple sénégalais.

Et sur le plan sportif, vous espérez combien de médailles pour le Sénégal ?

Nous avons 135 athlètes qui vont représenter les couleurs du Sénégal à ces JOJ. Ils ont été préparés, ils sont motivés, engagés, prêts à remporter des médailles et nous espérons en avoir beaucoup.

750 000 tickets sont déjà en vente. Ils sont très accessibles, entre 1000 et 5000 francs CFA. Vous faites le pari du succès populaire ?

Oui, nous faisons le pari du succès populaire. Nous travaillons depuis très longtemps à la mobilisation du peuple sénégalais. Comme vous le savez, la flamme olympique est actuellement au Sénégal. Elle fait la tournée dans toutes les régions du Sénégal et donc je suis très optimiste.

Pour finir, le Tribunal arbitral du sport doit rendre sa décision pour la CAN, qui du Sénégal ou du Maroc aura finalement le trophée. Avez-vous des doutes ?

Le tribunal tranchera. Ce qui est sûr, c'est que le Sénégal a bien préparé son dossier. Je n'ai à ce stade ni doute, ni peur. Nous attendons la décision du tribunal.

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Du lundi au samedi, Christophe Boisbouvier reçoit un acteur de l'actualité africaine, chef d'État ou rebelle, footballeur ou avocate... Le grand invité Afrique, c'est parfois polémique, mais ce n'est jamais langue de bois.

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