Avec «Groenland, échos arctiques», Lauriane Miara ne laisse personne de glace

Épisode de L'art de raconter le monde par RFI · 27 septembre 2026 · 20 min

Inspiré par une expédition scientifique de trois mois, un récit passionnant et sensible qui résume les différents enjeux autour du Groenland.

C’est pour réaliser de courtes bandes dessinées de vulgarisation destinées aux scolaires que Lauriane Miara a embarqué sur le voilier de recherche scientifique suisse Forel. Deux mois et demi d’expédition le long de la côte occidentale du Groenland lui ont permis d’observer et de dessiner paysages grandioses et oiseaux de mer. Elle en a aussi tiré des enseignements quant aux liens de l’Homme avec le vivant – en particulier le rapport à l’animal – ou quant à l’impact du réchauffement climatique sur la fonte de la calotte glaciaire.

Échos arctiques

C’est pour partager au grand public quelques-uns de ces « échos arctiques » que l’artiste s’est lancée, à son retour dans ses montagnes alpines, dans l’aventure de cet album dans lequel l’encre de Chine se marie à l’aquarelle. Elle s’y met en scène en Candide, admiratrice des beautés de la nature, curieuse de l’Histoire, de la culture et des aspirations des Inuits, mais aussi inquiète du réchauffement de la planète et des effets néfastes des activités humaines.

La science, l’humour et la poésie

Bien davantage qu’un simple carnet de voyages, Groenland, échos arctiques mélange avec brio la science, l’humour et la poésie pour faire entendre aux lecteurs les « voix » de la « terre verte » – traduction littérale du nom « Groenland » – dont elle nous raconte l’origine. On apprend beaucoup, souvent le sourire aux lèvres, et parfois avec une légère inquiétude au sujet de ce qui pourrait advenir à ce territoire qui attise les convoitises, tant par ses sous-sols riches en métaux, en terres rares et en hydrocarbures, que par sa situation stratégique aux confins de l'Amérique du Nord, de l'Europe et de la Russie.

L’ours fait corps avec le Groenland

À l’issue du récit, les dernières pages de l’album résonnent de la parole des Inuits. Elles présentent aussi quelques-unes des espèces d’oiseaux rencontrées : pingouin torda, sterne arctique, plongeon huard. L’autrice s’attarde aussi sur l’ours polaire, très présent dans la narration : cet animal au centre de la spiritualité inuite est aussi fortement affecté par le dérèglement climatique ; classé comme espèce vulnérable, sa survie est directement corrélée à la santé de la banquise. Sur la couverture, Lauriane Miara a d’ailleurs dessiné un ours qui fait corps avec le Groenland. À côté, on se sent tout petit.

► Groenland, échos arctiques, Lauriane Miara (Les Étages Éditions)

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À propos du podcast

Jean-François Cadet raconte avec des mots et avec des sons comment – à travers leurs œuvres – les écrivains, les dessinateurs et scénaristes, les metteurs en scène, les comédiens, les cinéastes, les plasticiens ou les musiciens se font l’écho des soubresauts, des débats, des grandes figures et des…

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